La pire note à Radio-Canada
La société d'État ne fait pas bonne figure en matière d'accès à l'information.
Radio-Canada fait piètre figure quand il s'agit de dévoiler des renseignements publics. Elle s'avère l'agence fédérale la moins transparente en matière d'accès à l'information, selon une enquête de l'Association canadienne des journaux (ACJ).
La société d'État a en effet obtenu la note D, soit la pire évaluation parmi les instances fédérales et sociétés d'État analysées par l'ACJ.
Dans le cadre de son enquête annuelle sur la loi d'accès à l'information, l'ACJ avait demandé à Radio-Canada de fournir la liste de ses hauts fonctionnaires et de leur échelle salariale.
Alors que la plupart des institutions ont répondu à la demande en dedans d'un mois comme le veut la loi, la société d'État a demandé une prolongation de six mois.
De plus, Radio-Canada n'a pas donné suite à une demande concernant sa politique sur les communications de son personnel avec les médias.
«Ce n'est pas une grande surprise, a dit au National Post son porte-parole Jeff Keay. Nous sommes asujettis à la loi depuis septembre 2007 et nous n'étions pas assez préparés au volume important de demandes d'accès qu'on a eu.»
Pour les besoins de l'enquête, des étudiants ont envoyé 219 demandes d'accès à l'information à 22 gouvernements municipaux ainsi qu'à leurs services de police, à 10 provinces ainsi qu'au Yukon et à 11 ministères fédéraux et sociétés d'État.
Ville de Québec
La Ville de Québec a reçu une note d'échec pour avoir refusé de transmettre des informations sur les voyages du maire et son parc automobile notamment.
Quant à la Ville de Montréal, elle a eu C+ pour avoir entre autres exigé des frais pour des informations sur les voyages du maire Gérald Tremblay.
Par ailleurs, plusieurs services de police canadiens refusent de révéler au public des informations sur l'utilisation du controversé pistolet électrique Taser.
«Les Canadiens se fient sur les journaux pour les garder informés et pour conserver l'imputabilité du système, a déclaré David Gollob, porte-parole de l'ACJ. Nous ne pouvons pas faire notre travail adéquatement quand les autorités bloquent l'information.»
Le commissaire à l'Information du Canada, Robert Marleau, a affirmé que les conclusions de l'enquête démontraient que des institutions clés avaient échoué à endosser leurs responsabilités.
Selon lui, la loi fédérale est «désuète» et «peu respectée». «Plusieurs lois provinciales, même si elles ne sont pas parfaites, sont plus efficaces et leur portée est plus compréhensible. Au niveau fédéral, nous régressons», a-t-il dit.
L'enquête peut être consultée au www.cna-acj.ca.
DES ÉVALUATIONS RÉVÉLATRICES*
Institution Note Institution Note
Travaux publics CanadaB+Ville de MontréalC+
AgencedurevenuduCanadaBGouvernement du QuébecC
Via RailBPostes Canada C -
Environnement CanadaBTransport Canada C -
MinistèredesFinancesduCanadaB-Radio-CanadaD
Défense nationaleC+Ville de QuébecF
* Le système de pointage était basé sur la vitesse, l'exhaustivité, les frais ainsi que les demandes de prolongation.