L'ADISQ dénonce les manoeuvres des radiodiffuseurs
Au tour de l'ADISQ de s'immiscer dans le débat sur la langue française. L'association s'oppose à nouveau aux radiodiffuseurs, qui veulent abaisser les quotas de musique francophone de 65 % à 50 %.
«À l'heure où l'on parle tant de la langue française, il me semble que ce n'est pas une solution de diffuser moins de chansons québécoises à la radio. C'est injustifié», dit Solange Drouin, directrice générale de l'ADISQ.
L'organisme, qui défend l'industrie de la musique québécoise, réagissait hier à la proposition de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ARC).
Cette dernière a réclamé au CRTC cette semaine une baisse des quotas de musique francophone de 65 % à 50 % pour les régions de Montréal et de Gatineau-Ottawa.
«C'est une tentative sournoise de l'ARC, affirme Mme Drouin. Les radiodiffuseurs profitent de la révision au CRTC d'une tout autre politique, celle de la diffusion des grands succès par les radios, pour tenter de diminuer les quotas.»
Même en région
Diminuer de 15% les quotas de musique francophone sur les radios, c'est énorme, d'après l'ADISQ.
«Ça signifie moins de diffusion des musiciens québécois et moins de revenus pour les producteurs, auteurs et chanteurs. La musique québécoise est populaire auprès du public. Les gens vont voir des spectacles. Puis, 42% des disques vendus ici sont d'artistes québécois», dit Mme Drouin pour justifier le maintien des quotas.
Selon elle, la baisse ne s'appliquerait pas seulement à la métropole et à Gatineau. «Les têtes de réseau sont à Montréal. Souvent, c'est la même programmation qui est diffusée en région», dit-elle.
Il y a plus d'un an, le CRTC avait réitéré la nécessité de conserver les quotas actuels. «On demande au CRTC de ne pas rouvrir la politique sur les quotas de musique», indique Mme Drouin.
Parmi tous les radiodiffuseurs, Cogeco, propriétaire de Rythme FM, demande toutefois le maintien des quotas actuels.