«Tout va bien chez nous» - la direction
L'Hôtel Gouverneur, qui refuse d'admettre qu'il y a un problème avec ses installations sanitaires, a reçu un avis d'infraction en 2005 à ce sujet.
Interrogé sur les eaux usées rejetées dans le fleuve dans les heures qui ont suivi le test effectué par le Journal, le directeur de l'hôtel, Carlo D'Orazi, a tout nié, précisant que l'établissement était équipé de fosses septiques vidées régulièrement et d'un champ d'épuration qui fonctionnait très bien.
Informé des preuves accablantes détenues par le Journal, le directeur s'est dit étonné, soutenant n'avoir jamais entendu parler d'un tel problème.
«Nous n'avons jamais enfreint la loi, tout va bien chez nous», affirme-t-il avec aplomb au téléphone.
Pourtant, le 13 septembre 2005, un avis d'infraction du ministère de l'Environnement a été envoyé à l'hôtel pour des déversements d'eaux usées dans le fleuve.
Cet avis demandait à l'Hôtel Gouverneur de se «conformer à la loi en cessant immédiatement tout rejet d'eaux usées dans l'environnement».
Aucune amende n'a été imposée puisque l'hôtel a entrepris des démarches pour régler la situation. «Ça n'avançait pas vite, mais ça avançait», commente le directeur du centre de contrôle en environnement du ministère en Estrie, Émile Grieco.
Travaux de raccordement
Selon la Ville de Longueuil, des discussions pour raccorder l'hôtel à l'usine d'épuration des eaux de la Rive-Sud ont été entamées à la suite de cet avis.
Les travaux, qui ont débuté en janvier 2007, sont bien visibles à l'arrière de l'hôtel en rénovation, mais personne n'y travaillait lors du passage du Journal.
Le directeur de l'Hôtel Gouverneur de l'île Charron a par ailleurs refusé de confirmer la nature de ces travaux, se rappelant soudainement qu'il était en réunion et qu'il n'avait pas le temps de répondre à ces questions.
Le président-directeur général des Hôtels Gouverneur, Jacques Goupil, n'a pas donné suite aux appels du Journal.
Un appel aux citoyens
Le programme RIVE, instauré par la Société pour vaincre la pollution (SVP), le Sierra Club et la Coalition Eau Secours, vise à créer un réseau de citoyens qui échantillonneront les cours d'eau du Québec afin de lever des alertes en cas de contamination bactériologique.
Le programme RIVE souhaite également effectuer des échantillonnages dans divers cours d'eau pollués par des déversements sauvages. Les citoyens sont invités à dénoncer toute source de contamination de l'eau.
Les données sont compilées par le SVP et serviront à créer une carte interactive permettant de connaître la qualité des cours d'eau du sud du Québec.
Pour toute information, on peut contacter les responsables du programme RIVE en envoyant un courriel à l'adresse suivante: rive@journalmtl.com.
Jessica Nadeau
Le Journal de Montréal