Hôtel Gouverneur de l'île Charron déverse ses eaux usées dans le fleuve

Publié le par Cyril

Situé à quelques pas seulement de l'usine d'épuration des eaux de la Rive-Sud, le prestigieux Hôtel Gouverneur de l'île Charron déverse ses eaux usées directement dans le fleuve depuis au moins deux ans.

Jessica Nadeau
Le Journal de Montréal

Un simple test effectué au moyen de capsules de colorant végétal a permis au Journal de découvrir le pot aux roses.

 

Avec ses quatre étoiles, ses 125 chambres, ses salles de conférence et ses charmants boisés, l'Hôtel Gouverneur de l'île Charron mise sur le luxe et la beauté des «décors naturels» pour attirer les clients.

 

Pourtant, l'établissement, qui fait partie du plus important groupe hôtelier du Québec, contamine l'eau du fleuve qui le borde en toute connaissance de cause depuis au moins 2005 (voir autre texte).

 

Le lieu du déversement a été repéré à l'odeur par le Journalet l'équipe du programme RIVE à quelques centaines de mètres de l'établissement. Sur la grève, un tuyau laisse couler un flot permanent d'eau contaminée traçant son chemin jusqu'au fleuve.

 

Lors de son passage jeudi dernier, le Journal a été en mesure d'y observer des condoms ainsi que des filaments brunâtres accrochés aux roches.

 

Le taux de coliformes fécaux détecté à la sortie de ce tuyau est sans équivoque: 2 millions de coliformes par 100 ml d'eau, soit 10 000 fois plus que ce qui est jugé sécuritaire par le Ministère pour le contact avec l'eau.

Eau rose

Convaincus que ces rejets émanaient directement de l'hôtel, le Journal et l'équipe RIVE ont déposé une quarantaine de capsules de colorant végétal dans les toilettes de la réception de l'hôtel.

 

Une heure plus tard, l'eau s'écoulant sur la grève a soudainement pris une couleur rose foncé s'étalant sur une dizaine de mètres dans le fleuve le long de la berge.

 

«Selon toute vraisemblance, il s'agirait du surplus d'eau envoyé à la fosse septique qui ne passe pas par un champ d'épuration mais qui est dévié directement sur la grève», constate Daniel Green, environnementaliste et instigateur du programme RIVE.

 

Quelques mètres en amont, un petit bateau de croisière embarque régulièrement les vacanciers qui ne se doutent de rien. En aval, il n'est pas rare de croiser des kayakistes ou des canoteurs profitant du paysage des îles de Boucherville.

 

«Il est inimaginable qu'un fleuron de l'hôtellerie québécoise permette une telle pollution envi ronnementale, s'insurge Daniel Green. Non seulement l'hôtel doit rectifier dès à présent la situation, mais elle devrait de plus faire amende honorable en réparant les torts qu'elle a déjà fait subir à l'environnement.»

 

Dans l'intervalle, il souhaite que l'hôtel et les responsables du parc des Îles-de-Boucherville informent les usagers du danger que représente cette eau contaminée.

 

 

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