L'ADQ prête à légiférer si la décision n'est pas renversée en appel

Publié le par Cyril

Le jugement qui force la Commission scolaire de Montréal (CSDM) à réembaucher un prof qui lui avait pourtant caché avoir tué sa femme a causé une véritable commotion dans le milieu de l'éducation, hier.

 

«La règle passe avant le bon sens. Sur le plan social, un enseignant doit dégager une certaine image de responsabilité et d'équilibre», lance le président de la Fédération québécoise des directeurs d'établissement d'enseignement.

 

«Ça vient saper les efforts qu'on a faits pour vérifier les antécédents judiciaires des gens qui travaillent dans les écoles», dénonce-t-il.

 

Le Journal révélait hier que la CSDM devra réintégrer Jean-Alix Miguel, qui travaillait comme professeur à l'École des métiers de la construction de Montréal. Ce dernier avait pourtant menti au moment de son embauche, affirmant n'avoir aucun casier judiciaire.

 

La CSDM l'a congédié après avoir découvert le pot aux roses. Invoquant la Charte québécoise des droits et libertés, un juge de la Cour supérieure a toutefois tranché en faveur de l'ex-employé.

 

Préoccupant

 

Le porte-parole de la Fédération des comités de parents, Rychard Gagnon, avoue être troublé. «C'est inquiétant. C'est sûr que c'est préoccupant pour les parents et tout le monde dans le milieu», dit-il.

 

Présidente de la Commission scolaire Marie-Victorin, Lucie Désilets partage ces craintes.

 

«Ça me préoccupe énormément. Nous, on veut s'assurer que l'ensemble de notre personnel n'a pas d'antécédents judiciaires», affirme-t-elle.

 

La décision controversée a aussi rebondi dans le monde politique. L'Action démocratique du Québec s'est dite prête à légiférer si la décision n'est pas renversée en appel.

 

«On va surveiller ça de près. La sécurité quand on travaille avec des enfants, c'est tolérance zéro», dit François Desrochers, critique de l'ADQ en matière d'éducation.

 

La présidente de la CSDM, Diane De Courcy, tout comme le cabinet de la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne, ont refusé de commenter l'affaire.

 

Le ministère de l'Éducation vérifie systématiquement les antécédents judiciaires des futurs profs qui demandent un permis d'enseignement. Entre septembre 2006 et mars 2007, le Ministère a déboursé 91 500$ pour ces vérifications.

 

SON CRIME

 

Alors employé d'une compagnie spécialisée en électronique, Jean-Alix Miguel a battu à mort sa conjointe dans leur appartement de Pierrefonds, en septembre 1990. La dame de 35 ans, Monique Saint-Germain, est morte après avoir reçu plusieurs coups de poing à la tête lors d'une violente dispute du couple. Le Montréalais d'origine haïtienne a plaidé coupable à des accusations d'homicide involontaire et a écopé de sept ans de prison.

 

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