Trop peu pour les familles
Les familles interrogées hier par le Journal ne sont pas impressionnées par le budget de Monique Jérôme-Forget.
L'injection de 87,7 millions de dollars dans les services de garde annoncée par la ministre libérale pour augmenter, entre autres, le nombre de places à 7 $ n'émeut guère la famille Harbec-Houde, qui est établie à Longueuil.
«Est-ce que c'est suffisant par rapport à la demande réelle? Les listes d'attente sont longues dans plusieurs régions. Si on se fie au système, on dirait que c'est très compliqué d'avoir une place», analyse Karl Harbec, un conseiller financier de 24 ans, déjà père de 2 enfants, Loucas, 14 mois, et Rosalie, 9 jours.
«Je pense que le gouvernement devrait donner plus d'options financières aux familles avec des enfants en garderie. Ça aiderait à désengorger les listes d'attente des établissements subventionnés», ajoute sa conjointe Marjorie Houde, 23 ans.
Cette dernière est coordonnatrice des ressources humaines dans un grand hôtel.
Baisse d'impôts
Le couple gagne autour de 80 000 $ par an. Par conséquent, la réduction de 950 M$ des impôts, qui se traduira par une baisse nette de 750 $ par famille (pour un revenu de 65 000 $), influera positivement sur ses finances. Qu'à cela ne tienne, c'est avec circonspection qu'il accueille cette mesure.
«Je ne connais pas un individu qui est contre les baisses d'impôts. Le seul bémol est: Est-ce qu'on en a les moyens? On annonce un budget équilibré, mais nous sommes toujours aux prises avec une énorme dette», indique M. Harbec.
Le Fonds des générations
Ce dernier pense que l'injection de 200 M$ dans le Fonds des générations est nettement insuffisante. Il y a peu, un groupe d'économistes indiquait qu'il fallait y déposer 4,5 G$ par an pour préserver l'avenir de notre système de santé, qui compte pour la moitié du budget de la province. On est loin du compte, observe M. Harbec.
Pour le couple, qui se définit comme sympathisant adéquiste, l'objectif que devrait chercher à atteindre le gouvernement est un véritable équilibre financier. Et pour y arriver, il faudrait couper dans le superflu.
«Il y a beaucoup de programmes et de ministères qui sont des luxes qu'on ne peut plus se payer», tranche-t-il.
Avis partagé
Les opinions de la famille Harbec-Houde sont entièrement partagées par Geneviève Ferland, 32 ans. Celle-ci et son conjoint Reynald Paul, 35 ans, habitent à Lavaltrie avec leurs deux enfants de 10 et de 13 ans. M. Paul est entrepreneur et Mme Ferland, infirmière.
Mme Ferland se réjouit toutefois de l'augmentation de 70 M$ pour l'aide aux élèves.
«J'accueille cette initiative très favorablement car c'est très important pour quelqu'un qui a des enfants de mon âge. Ça aide les parents autant que les élèves», dit-elle.
Enfin, Mme Ferland ne peut s'empêcher de faire part de son scepticisme face aux initiatives du gouvernement.
«Il baisse les impôts mais au fond, on sait qu'on va payer d'une autre manière. Le gouvernement reprend toujours d'une main ce qu'il a donné de l'autre», conclut-elle.
Martin Bisaillon
Le Journal de Montréal