Le destin tragique de Kristel Duval.

Publié le par Cyril

Récemment mariée, Kristel a pris le pari de trouver un avenir meilleur au Canada, en quittant l'île Maurice avec son époux.

Elle y a plutôt trouvé la mort, aux mains d'un homme devenu contrôlant et possessif, incapable d'accepter une rupture.

 

Douce, gentille, juste, bonne, toujours prête à rendre service. Voilà les qualificatifs que tous les proches avaient à dire de la jeune femme qui aurait fêté ses 26 ans, hier.

 

Il y a quatre ans et demi, alors qu'elle habitait avec son mari Ken, à l'Île Maurice, au large de Madagascar, dans l'océan Indien, elle a cédé aux demandes de ce dernier, et accepté de venir vivre au Québec avec lui.
 

«On avait parlé avec pour la dissuader, pour la mettre en garde contre lui, se souvient sa soeur Nathalie, jointe outre-mer. Mais l'amour est aveugle, vous savez. Elle croyait qu'il allait changer.»

 

Avant-dernière d'une famille de six enfants, Kristel Duval a rencontré celui qu'elle croyait être son prince charmant, Ken, de son véritable nom Vivian-Marie Carcasse, dans un mariage, en 2002.

 

Au Canada, le couple habitait à Sainte-Marthe-sur-le-lac, sur la rive nord de Montréal. Kristel a rapidement trouvé un emploi à la Banque de Montréal, au centre-ville, puis a été transférée à la succursale Côte-vertu, où elle était agente de gestion, au commercial.

 

MENTEUR ET VANTARD

 

Ken, quant à lui, vivotait. «Il n'arrivait jamais à garder un boulot, dit sa soeur Nathalie. Elle travaillait, elle le nourrissait.»

 

Kristel devait d'ailleurs payer plusieurs factures du couple. Et Ken lui mentait sur tout, selon ses proches. Sur ses finances, sur son travail. Il était d'ailleurs reconnu comme un menteur, un vantard.

 

Son voisin, François Lecours, parle de lui comme d'un homme «orgueilleux et menteur». Et peu travaillant.

 

«Il était fier de dire que c'est lui qui avait payé sa tourbe moins cher que tous les autres voisins, se souvient-il. Et quand c'était le temps de la poser, c'est elle qui faisait presque tout.»

 

Tout au long de ces années de vie commune, Kristel est devenue sous le joug d'un mari de plus en plus contrôlant et dominateur.

 

«C'est lui qui avait l'air de la diriger, dit le voisin Lecours. Elle n'avait pas de permis de conduire et ne conduisait pas, c'est lui qui allait la reconduire au train. Elle parlait peu, était timide.»

 

Kristel était réduite à peu sortir, à avoir peu de loisirs. Celle qui aimait s'amuser et danser était confinée à la maison, dit sa soeur.

 

Mais tout ça, personne ne l'a su. Kristel a vécu ainsi pendant plus de quatre ans, gardant pour elle les malheurs de sa triste existence.

 

LA CRAINTE DE DÉRANGER

 

«Elle ne s'est jamais plainte, elle ne voulait pas déranger, pas nous faire de souci» dit sa soeur Nathalie.

 

Ce n'est que tout récemment qu'elle s'est ouverte à ses proches. Elle en avait assez de cette vie, de ces mensonges à répétition. Il y a quelque temps, elle lui a posé un ultimatum: au prochain mensonge, elle allait le quitter.

 

Il y a deux mois, Ken a été pris à son jeu du mensonge. C'en était assez pour Kristel, qui lui a annoncé la rupture. Une décision qu'il n'a pas acceptée. Ne sachant où aller vivre, Kristel est demeurée à la maison quelque temps, avant de quitter définitivement il y a deux semaines, sous les conseils de sa mère.

 

Durant ces deux mois, Ken a tenté de se suicider à deux reprises, avec des médicaments et de l'eau de javel. À chaque fois, c'est Kristel qui est intervenue, alertant tantôt la police, tantôt l'hôpital.

 

«Ele lui a sauvé la vie plusieurs fois», dit sa soeur Nathalie.

 

«Elle ne lui voulait pas de mal, elle voulait juste qu'il comprenne que c'était terminé et qu'elle voulait simplement vivre», a confié un ami qui a préféré garder l'anonymat.

 

Mais Ken ne l'entendait pas ainsi. L'homme de 33 ans s'est mis à harceler Kristel. Il la suivait, lui téléphonait une cinquantaine de fois par jour, au travail et sur son téléphone cellulaire.

 

Vendredi soir, il s'est rendu chez son voisin Lecours. En pleurant, il a étrangement expliqué que sa Kristel était disparue. Un autre mensonge...

 

ELLE PRÉFÉRAIT LE RAISONNER

 

Puis, un début de liaison avec un autre homme s'est profilé à l'horizon. Au téléphone, samedi dernier, Kristel l'a annoncé à Ken. Qui ne l'a pas digéré.

 

Dimanche, elle est allée voir la police, qui lui a expliqué les possibilités qui s'offraient à elle. Mais Kristel n'a finalement pas porté plainte: elle ne voulait pas le faire arrêter.

 

«Elle s'est dit qu'elle allait plutôt réussir à le raisonner, raconte son ami. Kristel était bonne. Trop bonne...»

 

Tôt le lendemain matin, comme à chaque jour, elle s'est rendue au travail. Elle avait convenu avec son ami qu'elle l'appellerait en arrivant. Mais elle n'a jamais appelé. Elle ne répondait pas à son cellulaire, ni à ses courriels, ni au bureau.

 

Son ami a pris congé de son travail pour rentrer chez lui et faire un tas d'appels. Jusqu'à ce qu'il en reçoive un: celui de la police.

 

UN FAUX PRÉTEXTE

 

Lorsque Kristel est arrivée au travail ce matin-là, Ken l'attendait. Prétextant avoir égaré les clés de leur maison, il l'a persuadée de monter avec lui pour aller lui ouvrir.

 

Chemin faisant, Kristel se serait aperçue que les desseins de Ken étaient bien différents. Selon les informations obtenues, Ken avait l'intention de s'enlever la vie une fois rendue à la maison.

 

Kristel aurait paniqué dans la voiture en réalisant ce qui se passait. Une querelle aurait eu lieu entre eux, au cours de laquelle Ken aurait sorti un couteau qu'il avait pris soin d'amener avec lui en voiture.

 

La jeune femme a été poignardée à mort à l'intérieur de la voiture. Lorsqu'il a réalisé que Kristel était inconsciente, il a alerté la police avec son téléphone, affirmant qu'il venait de tuer sa femme. Il l'a conduite à l'hôpital de Saint-Eustache, où il a abandonné son corps à l'intérieur.

 

Rapidement, les médecins ont déclaré sa mort. Ken croyait bien pouvoir retourner chez lui pour en finir avec la vie. Mais la police l'attendait à sa sortie de l'hôpital. Ken a été embarqué et accusé de meurtre au second degré.

 

«Elle ne méritait pas d'être tuée, dit son ami. Elle voulait juste vivre sa vie...»

 

 

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