Un Airbus A310 s'abîme au large des Comores
Un petit enfant a été retrouvé vivant dans l'Océan Indien dans la zone où un Airbus A310 de la compagnie yéménite Yemenia Air s'est abîmé dans la nuit d'hier à aujourd'hui au large des Comores, a-t-on appris auprès d'un responsable de la police comorienne.
Selon Rachida Abdullah, une responsable des services de l'immigration de la police comorienne, trois corps ont également été récupérés, ainsi que des débris de l'avion, mais aucun autre rescapé n'a été retrouvé.
L'appareil avait décollé de Sanaa à destination de Moroni, sur l'île de Grande Comore, avec 153 personnes à bord. Une partie des passagers avaient embarqué à Paris et Marseille.
L'appareil transportait 142 passagers et 11 membres d'équipage yéménites, a précisé Mohammed Abdul Qader, responsable de l'Aviation civile du Yémen. Des corps ont été repérés, a-t-il ajouté.
Il y avait 66 ressortissants français à bord de l'appareil, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Selon le directeur de l'aéroport de Moroni, Hadji Mohamed Ali, des débris de l'A310 ont été repérés en mer lors d'un survol aérien. «Des corps ont été récupérés semble-t-il», a-t-il ajouté sur France-Info. Le directeur de l'aéroport a précisé que l'appareil était attendu à 23h (heure locale). «Cinq minutes avant, on a perdu tout contact; il avait amorcé l'atterrissage», a-t-il ajouté.
L'armée française a envoyé un avion de l'armée de l'Air de type Transall, ainsi que deux navires sur les lieux de l'accident, a précisé mardi le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées françaises. «Le patrouilleur 'La Rieuse' et la frégate de surveillance 'Nivôse', qui opèrent dans la zone, ont reçu l'ordre de se diriger vers les Comores qu'ils atteindront dans la journée» de mercredi.
Le Transall, qui a décollé de l'île de la Réunion, transporte trois médecins du SAMU, trois psychologues, douze plongeurs, des membres de la Croix-Rouge ainsi que deux canots pneumatiques, 200 kilos de matériel de plongée et 400 kilos de matériel médical. Il devait atterrir en début d'après-midi à Moroni, a précisé la préfecture de la Réunion dans un communiqué.
À l'Aéroports de Paris (ADP), le service de presse précisait qu'un Airbus A330 de la Yemenia avait décollé de Roissy-CDG lundi à 10h (8h GMT) avec 147 passagers et 11 membres d'équipage à bord. Après une escale à Marseille, cet appareil assurant le vol Y626 a atterri à Sanaa où la plupart des passagers ont débarqué pour un transit. Ce n'est qu'ensuite que des passagers du premier vol ont pris place à bord d'un Airbus A310 à destination de Moroni.
Le secrétaire d'État aux Transports Dominique Bussereau a évoqué un problème au moment de l'atterrissage. «On parle d'une approche, d'une remise de gaz, puis d'une approche nouvelle qui aurait été ratée. Pour l'instant, il faut être prudent tant que toutes ces informations ne sont pas vérifiées», a-t-il déclaré sur Europe-1. La France sera «associée à l'enquête», a-t-il assuré.
La compagnie Yemenia Air «n'est pas sur la liste noire, sinon elle n'aurait pas eu l'autorisation de partir de Roissy», a-t-il poursuivi, précisant que l'Airbus A310 «est un des avions les plus connus dans le monde et les plus utilisés».
L'Airbus A310-300 qui s'est abîmé dans l'océan Indien au large des côtes des Comores avec 153 passagers et membres d'équipage avait été livré en 1990 et était en service à la Yemenia Air depuis octobre 1999, a annoncé Airbus dans un communiqué. Il comptait 51 900 heures de vol effectués en 17 300 vols.
À l'aéroport de Roissy-Charles De Gaulle, une cellule de crise a été mise en place par Aéroports de Paris (ADP) avec un numéro de téléphone pour les familles ou les proches des passagers: 01-48-64-59-59. Une autre cellule de crise a été installée mardi matin à l'aéroport de Marseille-Marignane, où le consul général des Comores auprès de la région Provence-Alpes-Côtes d'Azur, Stéphane Salord, a également annoncé la mise à disposition pour les familles et proches d'un numéro de téléphone: 04-91-63-45-23.
Il a précisé que 61 personnes de la «communauté comorienne» avaient embarqué à Marseille à bord du premier vol en provenance de Paris à destination de la capitale yéménite de Sanaa, d'où ils devaient rejoindre l'archipel à bord de l'Airbus A310 qui s'est abîmé en mer.
«Ce sont des familles qui, comme chaque année à la veille de l'été, quittaient Marseille et la région pour aller rejoindre leurs familles aux Comores et y passer des vacances», a déclaré le consul. Également interrogé sur iâtélé, M. Salord a précisé que «la communauté franco-comorienne et comorienne de Marseille, c'est 80 000 personnes, c'est une communauté qui est très active».
Situé à quelque 2 900km au sud du Yémen, entre la côte sud-est de l'Afrique et Madagascar, l'archipel des Comores est composé de quatre îles principales. Elles se partagent entre un pays indépendant -l'Union des Comores- dont la capitale est Moroni et qui comprend les îles d'Anjouan, Mohéli et de la Grande Comore, ainsi que Mayotte qui est une collectivité d'outre-mer française.