Obsèques de Bongo : Sarkozy hué.

Publié le par Cyril

La cérémonie officielle des obsèques du président gabonais Omar Bongo Ondimba a commencé mardi matin vers 11h30 à Libreville en présence d'une quinzaine de chefs d'Etat. Quelques centaines de personnes ont été autorisées à entrer dans la cour du palais présidentiel de Libreville pour y assister.

Les invités ont d'abord observé une minute de silence à la mémoire du doyen des chefs d'Etat africains.

Les chefs d'Etat, dont le Français Nicolas Sarkozy et la plupart des présidents des pays d'Afrique francophone, ainsi que des représentants d'institutions internationales, dont le président de la Commission de l'Union africaine (UA), le Gabonais Jean Ping, devaient ensuite lui rendre hommage.

 

L'ensemble de la classe politique gabonaise était également présent, aux côtés de la famille du défunt.

L'hommage des délégations étrangères devait être suivi par un culte oecuménique, puis par les oraisons funèbres des personnalités gabonaises, avant un défilé militaire et le départ du cercueil pour la région natale d'Omar Bongo, dans le sud-est du pays où il doit être inhumé jeudi dans l'intimité


Le président français hué à son arrivée

A son arrivée, quelques instants auparavant une partie de la foule a timidement applaudi  Nicolas Sarkozy. Mais les huées ont rapidement pris le dessus, et une cinquantaine de personnes ont même pris verbalement à partie le chef de l'Etat français, lui lançant à distance: «On ne veut plus de vous, partez !»

Les responsables de la sécurité ont immédiatement formé un cordon autour du président français, qui est ensuite arrivé sans encombre dans le salon d'attente pour les personnalités invitées aux obsèques. «On ne veut plus de vous, la France est ingrate. Bois, pétrole, manganèse, on vous a tout donné. La France, si elle est ce qu'elle est, c'est grâce au Gabon, on ne veut plus de tout ça», expliquait, sous couvert de l'anonymat, un de ceux qui s'en sont pris à Nicolas Sarkozy.

Des obsèques grandioses

Le décès du chef de l'Etat gabonais a été officiellement annoncé le 8 juin après 41 ans passés à la tête du pays. Dans Libreville, des affiches géantes proclament : «Gloire éternelle à notre regretté président». Des messages à l'image des obsèques grandioses que les autorités ont voulu organiser une semaine durant, jusqu'à l'inhumation prévue jeudi dans le Haut-Ogoué, sa région natale du sud-est du Gabon.

Une quinzaine de chefs d'Etat d'Afrique, essentiellement francophone, ont été annoncés. 350 journalistes, dont une centaine d'étrangers, ont été aussi accrédités. Les présidents du Burkina Faso, du Cameroun, de Centrafrique, du Congo-Brazzaville, de République démocratique du Congo (RDC), du Mali, du Sénégal et du Tchad figurent parmi les dirigeants africains qui devaient rendre hommage au doyen des chefs d'Etat d'Afrique, médiateur dans plusieurs crises du continent.

Un symbole de la «Françafrique»

La nombreuse délégation française illustre à quel point le Gabon d'Omar Bongo était un symbole de la «Françafrique», cette relation ambiguë entre Paris et ses ex-colonies. Aux côtés de Nicolas Sarkozy, pas moins de cinq ministres ou anciens ministres sont présents : le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet ou les anciens ministres Michel Roussin, Jean-Louis Debré, Jacques Godfrain. Jacques Chirac devrait également être présent.

Après le culte et les oraisons funèbres, les acteurs clés de la succession d'Omar Bongo Ondimba prendront la parole lors : le Premier ministre Jean Eyeghé Ndong, le président de l'Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama et la présidente intérimaire Rose Francine Rogombé. Un membre de la famille Bongo devrait clore la cérémonie. Ce dernier pourrait être Ali Ben Bongo, fils du défunt, ministre de la Défense et possible candidat à la succession..

Le cercueil s'envolera après un défilé militaire vers Franceville, capitale du Haut-Ogooué, où il sera inhumé jeudi dans l'intimité.

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