Ils cachent 10 enfants dans leur logement.
Leur permis suspendu par le ministère depuis cinq mois, les patrons d'une garderie continuaient d'opérer, en cachant une dizaine d'enfants dans un logement situé au-dessus. La police et le ministère s'en sont mêlés, hier.
La police a aussi confirmé qu'elle avait ouvert une enquête sur «des allégations» dont elle a préféré ne pas préciser la nature.
La garderie le Club des Galopins, située au 2668, rue Beaubien a vu son permis suspendu le 5 janvier dernier, après avoir été pris en surcapacité, a confirmé le porte-parole du ministère de la famille et des aînés, Étienne Gauthier. Seuls six enfants pouvaient s'y trouver.
Or, lorsque les policiers sont débarqués sur place, hier, après avoir obtenu une dénonciation, il y avait bel et bien six enfants dans la garderie... mais une dizaine dans le logement situé à l'étage, tous âgés de un à quatre ans.
L'information a été rapportée au ministère, qui «ne tolère pas» ce genre de situation, indique M. Gauthier.
Trois infractions
La garderie est située au rez-de-chaussée d'un duplex. Le logement du haut est habité par la propriétaire et son conjoint.
En janvier dernier, trois infractions ont été relevées et ont mené à la suspension du permis: non-respect du ratio éducateur/enfants; dépassement du nombre de poupons permis; qualification du personnel mis en doute.
En fin de journée, certains parents venus chercher leurs enfants sont passés par la porte arrière, qui donne sur une cour minuscule, où des jeux sont disposés sur un tapis vert qui fait office de pelouse.
«J'ai le droit de garder 21 enfants et j'en avais juste 17 aujourd'hui», dit la propriétaire qui s'est identifiée comme étant Marie et qui disait ne rien comprendre à la présence des autorités.
Elle a admis garder «quelques-uns» des enfants dans son logement du haut, expliquant que c'est parce qu'elle est enceinte. Son conjoint, qui se trouvait à l'étage, a gardé porte et rideaux fermés.
On tourne les coins ronds
Un parent qui a envoyé son enfant à cette garderie et qui l'en a retiré estime que cet en-droit n'était «pas très satisfaisant» pour lui.
«Il y avait toujours beaucoup de bruit et le petit revenait toujours très fatigué, dit-il. Ces gens-là veulent bien faire, mais les coins sont tournés un peu ronds.»
Une voisine qui connaît assez bien l'endroit met en doute la façon dont on s'occupe des enfants ainsi que le niveau de langage utilisé.
«Ce n'est pas le genre d'éducation que je veux pour mes enfants», dit celle qui a préféré garder l'anonymat et qui envoie ses enfants dans une autre garderie.
La police a dit qu'elle «prend ça au sérieux».