Des choix qui surprennent......

Publié le par Cyril

Le choix d'un prénom n'est jamais facile pour les parents. Certains se démarquent toutefois par leur originalité, alors que d'autres donnent carrément des noms à coucher dehors à leur enfant.

Au cours de la dernière année, la province a ainsi vu naître Merle, Fiston, Joe-Brave, Oz, Nirvana, Variance, Storm, Perle et même Narine. Dans ce dernier cas, il s'agit d'un prénom féminin arménien qu'il faut prononcer Nariné. Pour les Québécois francophones, la méprise risque toutefois d'entraîner des railleries. Même chose pour Gwyn, Jihade, Shia ou Rubab.

«Je pense que les gens qui choisissent des noms extravagants ne pensent pas au bonheur de leur enfant. Si c'est ridicule, ils risqueront de se faire niaiser plus tard», soutient le psychologue Mario Sirois.

Selon lui, certains parents vont trop loin dans leur volonté de donner un prénom unique à leur enfant. «Ces parents ont un besoin d'être à part, d'être différents. Mais, estce le besoin d'un bébé d'être différent?»

Le besoin d'être différent

C'est en partie ce besoin de se démarquer qui a motivé Vicky Comeau à appeler sa fille Caresse. «On a trouvé ça dans un livre de prénoms de bébés en anglais. On s'est dit que c'est joli et différent», explique la mère, qui habite Ogden, dans les Cantons-de-l'Est.

Le Directeur de l'état civil n'a pas trouvé le prénom approprié et un recours en justice a été entamé. En 2007, les parents ont finalement eu gain de cause.

William Azeff a lui aussi dû se battre pour que ses fils puissent porter les noms de Logan Avalanche et Brant Glacier. «Dans le cas de Brant, ça a commencé par une blague alors qu'il était encore dans le ventre de sa mère. On trouvait ça beau et ça représentait notre goût pour le ski et la montagne», explique le résident de Verdun.

Pas de «Fuck you»

Selon lui, le Directeur de l'état civil a trop de pouvoir. «Je comprends qu'on doive protéger contre des noms comme "Fuck you", mais ça va trop loin avec Avalanche et Glacier, surtout quand on le met seulement comme deuxième nom», tranche-t-il.

Brigitte Asselin explique que le Directeur de l'état civil se base, entre autres, sur le contexte culturel pour accepter un prénom. «Par exemple, le prénom Lapina est très populaire en Russie, alors qu'ici ça peut être préjudiciable. Le Directeur invite donc les parents à reconsidérer leur choix», soutient la porte-parole.

Si les parents refusent, le dossier est transmis à un procureur de la Couronne, qui détermine si des procédures au civil doivent être enclenchées.

Parmi les causes célèbres, rappelons celle du prénom Spatule, qui avait été rejeté, ou encore «C'est-un-ange», qui avait finalement été autorisé en 1997.

En 2008, on dénombrait 9093 noms de filles différents, contre 7733 noms de garçons.

DES PRÉNOMS HORS DE L'ORDINAIRE

Caresse, 3 ans
«Pour les francophones, ça paraît bizarre, mais pour les anglophones, c'est plus normal. On veut l'élever pour qu'elle soit assez forte et que si elle a un problème avec quelqu'un, elle puisse se défendre.»

-Sa mère, Vicky Comeau

Everest, 4 mois et demi
«On était à Katmandou avant ma première ascension de l'Everest en 2007 quand on a choisi ce prénom. J'y pensais depuis des années et Chantale (sa conjointe) a eu la même idée que moi. Pour nous, ça a une grande signification.»

-Son père, Manuel Pizarro

Logan Avalanche, 2 mois, et Brant Glacier, 3 ans
«Si on avait eu une fille, elle aurait probablement eu comme deuxième nom Snow flake. Pour nous, c'est important d'être original et nos deux noms sont inspirés de la nature tout en demeurant acceptables.»

-Leur père, William Azeff

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