Calogero : «Ce disque a été une thérapie».

Publié le par Cyril

  Calogero bosse toujours et encore avec le sourire et sa bande de potes musiciens dans un studio de la banlieue parisienne. L’artiste nous y a reçus le temps de parler de son nouvel album, « l’Embellie », qui sort aujourd’hui. Un cinquième disque radieux où le mélodiste prodige se lâche comme jamais, dopé par des textes brillants d’auteurs que l’on n’attendait pas : Dominique A, Kent, Dick Annegarn côtoient Marc Lavoine et Jean-Jacques Goldman.  37 ans, Calogero rebondit magistralement, après une période trouble faite de succès mitigés et de rupture sentimentale.

« L’Embellie », c’est une façon de se sortir d’une période noire ?
Calogero.
C’est sans doute un album qui parle de l’après-rupture, d’une volonté d’aller de l’avant, après un orage, un orage de la vie. J’ai vécu un truc extrêmement banal, qui arrive à plein de gens, une séparation après sept ans de vie en couple et deux petites filles (NDLR : Nina, 5 ans, et Romy, 2 ans). Ce disque a été une thérapie.

Dans quel sens ?
Je ne suis pas d’une nature dépressive, je suis plutôt du genre battant. J’aime que ça bouge, je suis heureux dans le travail. Quand tout cela est arrivé, j’ai écrit un texte, « Je me suis trompé », sur la fin des idéaux. Puis je suis passé à autre chose. J’ai vécu un an chez moi avec mes filles à composer des chansons. Plein de copains passaient sans arrêt. Ils étaient inquiets pour moi. Or, je ne pleurais pas du tout. La musique m’a emmené.

L’échec relatif de votre précédent disque, « Pomme C », en 2007 a-t-il joué ?
Oui, parce que je suis devenu parano, un peu con, insupportable avec mon entourage. J’étais nerveux, mal dans mes pompes, parce que mon pauvre petit disque marchait moins bien. On en a quand même vendu 400 000. Mais je sortais de deux albums à 3 millions d’exemplaires en tout. On est parti sur une tournée gigantesque avec trois Bercy. On a vu trop grand. Je me suis laissé piéger par le jeu du succès et j’ai pris une bonne baffe d’ego. Aujourd’hui, je vivrais les choses autrement.

Pourquoi ?
Parce que je sais que l’album est bon, que c’est mon meilleur. « La fin de la fin du monde », qui ouvre l’album, est sans doute le morceau après lequel je courais depuis mes débuts. Il y a tout ce qui me fait dedans : c’est une chanson d’espoir à la fois sombre et lumineuse, sur un rythme sicilien rappelant mes origines, une musique anglo-saxonne et une manière de chanter très française.

Les textes sont signés Dominique A, Dick Annegarn, Kent… Des collaborations surprenantes, non ?

Oui, parce qu’ils sont considérés comme des chanteurs indépendants, intellos et moi comme un artiste de variété populaire ! Jusqu’ici, je n’étais peut-être pas prêt à aller vers ces gens-là. J’étais trop proche de modèles que je n’avais pas digérés : The Cure, Depeche Mode. Là, je sens que je ne calque pas Coldplay ou Muse. J’exprime quelque chose de plus personnel musicalement.

Ce sont des auteurs plutôt chics…
Mais ce n’est pas un casting de gens branchés. Je ne suis pas en quête de crédibilité pour la presse rock. Ce qui me plaît, c’est de voir que Dick Annegarn et Dominique A ont travaillé sur le même album que Marc Lavoine et Jean-Jacques Goldman, sans que cela soit incompatible. Parce que moi, je suis fait de tout cela.

* Calogero en concert les 28 et 29 avril à la Cigale. Complet. En tournée à partir du 16 octobre dont les 20 et 21 au Zénith de Paris.

Le Parisien

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Publié dans Musique

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