Esclave des temps modernes.

Publié le par Cyril

Le patron d'une entreprise de marketing vient d'être condamné à verser près de 22 000$ à un ex-employé qu'il utilisait presque comme son esclave : chargé de projet, il devait sortir les poubelles, déneiger, remiser les pneus et même sortir de l'eau le quai du président à son domicile privé. 

Le juge administratif Jean Lalonde n'a pas été tendre envers le patron de l'entreprise Images et Mots, de Boisbriand, Louis Parayre: «Il a abusé de sa situation d'autorité et de la faiblesse du plaignant pour lui faire accomplir des tâches extra-contractuelles. Il s'est moqué de lui devant des clients et des fournisseurs et a utilisé un langage grossier à son égard.»

 

La victime, Antoine Ouellon, a abandonné son emploi précédent pour accepter l'offre de M. Parayre, en mai 2006. À 24 ans, il devient chargé de projet pour l'entreprise.

 

Mais rapidement, le climat se dégrade. Parce qu'il est d'un tempérament nerveux, on lui attribue le surnom de «Ritalin». Puis, on le traite de tête de turc et de deux de pique, de néo-nazi, en raison de ses cheveux courts. Après des coupures de personnel, ses tâches s'alourdissent.

 

Le ménage du patron

 

Ensuite, l'entreprise déménage dans le sous-sol de la résidence privée du président, à Boisbriand. En plus de ses tâches de chargé de projet, il doit préparer le déménagement et aller faire le ménage du sous-sol du patron, souvent jusqu'à tard le soir ou le week-end, sans rémunération.

 

Une fois déménagé,M. Parayre se sert de lui pour de nombreuses tâches qui n'ont rien à voir avec son emploi : sortir des déchets, déneiger, déménager du bois, ranger les pneus d'hiver dans le cabanon, remiser le quai sur la grève, arracher du tapis, livrer des bouteilles d'eau.

 

«Il se servait presque de moi comme d'un esclave moderne», a dit M. Ouellon au Journal.

 

Covoiturage et surtemps

 

De plus, les railleries et les insultes ne cessaient : «Des collaborateurs comme toi, j'en ai pas besoin», «Ces jeunes-là, ça sort de l'école, ça ne connaît rien», «Ton est... d'estime de soi, j'en ai rien à cr...».

 

Puis, l'employé a, par la force des choses, été un peu obligé d'accepter un autre employé en covoiturage. Et à suivre les horaires de ce dernier, même si ça lui occasionnait une ou deux heures supplémentaires par jour.

 

Il en a eu assez et a amené le litige devant la Commission des relations du travail, qui a déterminé que M. Parayre s'est livré à du harcèlement psychologique, dans un jugement rendu récemment.

 

Puisque l'affaire n'est pas complètement réglée, M. Parayre a préféré ne pas commenter le jugement.

 

 

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