Malaise à l'hôpital Pierre-Le Gardeur !
«J'ai l'impression qu'ils l'ont mise là comme un morceau de viande. Tout le monde nous voyait», dénonce Benoît Métivier, le petit-fils de la défunte.
Marguerite Lampron avait été admise à l'hôpital deux jours plus tôt.
La dame de 79 ans souffrait de la maladie d'Alzheimer et avait des problèmes respiratoires.
Le matin de son décès, on a convoqué les proches à l'hôpital où ils ont appris la triste nouvelle. Ils ont ensuite été conduits au quatrième étage, dans une pièce qu'on appelle le salon des employés.
Le corps de la dame reposait sur une civière, au milieu des tables qui servent normalement pour le repas des employés.
«Il y a même un employé qui a commencé à boire son café sur place. Un autre a fait chauffer son lunch», se remémore péniblement Benoît Métivier.
«J'ai été révolté»
Même si le décès est survenu il y a plusieurs mois, Benoît Métivier et sa famille ont couvé leur rage en silence. «C'était déjà assez douloureux de même», soutient le petit-fils.
S'il sort publiquement aujourd'hui, c'est qu'il se demande si d'autres familles ont vécu le même manque de respect. Il veut éviter à tout prix que cela se reproduise. «J'ai été révolté par la chose», raconte-t-il, bouleversé.
Des proches auraient demandé une autre salle pour se recueillir, mais en vain. À un certain moment, ils étaient une douzaine à veiller la défunte dans la cuisine. Pourtant, tout près, il y avait une petite chapelle, qui aurait été plus appropriée pour la situation. «Au moins, ça aurait été plus intime.»
D'autres familles touchées
Selon ce que le Journal a appris, ce ne serait pas la seule défunte à s'être retrouvée dans une salle qui n'était pas prévue à cet effet. Il s'agirait toutefois de cas «exceptionnels». Lorsqu'un patient est ainsi exposé, on installe une pancarte pour avertir le personnel.
La direction de Pierre-Le Gardeur et de l'Agence de la santé de Lanaudière ont refusé de parler de l'exposition de la situation. «Nous n'avons pas de commentaires», a répété Danielle Vézina du service des communications de l'hôpital.
La surpopulation est telle à Pierre-Le Gardeur que la salle pour les proches des patients en fin de vie est souvent monopolisée par des patients de l'urgence.