un statut au foyer homoparental .
Avant même sa présentation à l'Assemblée Nationale - sans doute à la fin du mois de mars - le projet de loi sur les droits des beaux-parents provoque déjà des remous au sein de la majorité UMP. Le texte, en cours de rédaction par Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille, donnerait en effet pour la première fois un statut au foyer homoparental - composé de deux parents du même sexe.
Evoqué par Nicolas Sarkozy, lors de ses promesses de campagne, ce nouveau statut du beau-parent inclurait en effet aussi bien «les couple de même sexe» que les «familles recomposées». Pour Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille, l'intérêt d'une telle loi vise à simplifier le quotidien des 1,6 million d'enfants qui vivent au sein d'une famille recomposées et 2,7 millions dans les foyers monoparentaux.
Ce matin, la ministre de logement Christine Boutin s'est élevée contre ce projet qui amènerait, selon elle, à reconnaître de manière détournée l'homoparentalité. «Je n’accepterai pas que l’on reconnaisse l’homoparentalité et l’adoption par les couples homosexuels de façon détournée, en le glissant dans une loi sur le statut du beau-parent, prévient Christine Boutin, présidente du FRS - La démocratie chrétienne sociale. Les enjeux pour les enfants comme pour les parents sont suffisamment conséquents pour qu’ils soient abordés de façon franche et débattue.»
«Le fait de reconnaître le statut du beau-parent risque de mener à la reconnaissance objective de l'homoparentalité et de l'adoption par les couples homosexuels», a-t-elle dit, défendant le fait que «l'enfant pour se structurer a besoin d'un papa et d'une maman».
Morano dénonce «une posture passéiste et idéologique»
Réagissant sur RTL, Mme Morano a invité sa collègue au gouvernement, «plutôt que d'avoir une posture passéiste et idéologique à vraiment lire ce texte». Selon la secrétaire d'Etat, «il ne crée pas un statut du beau-parent, le projet de loi porte sur l'autorité parentale et le droit des tiers».
«Il s'agit de permettre à celui qui élève un enfant d'avoir des droits dans le cadre de l'autorité parentale partagée, s'il y a accord entre les parents biologiques et celui qui va s'occuper de l'enfant, et par le biais d'une convention homologuée chez le juge», explique-t-elle en concluant : «Je ne veux pas débattre avec Mme Boutin, ce qui m'intéresse ce sont les Français, il faut prendre en compte l'évolution de la famille.»