Pour l'essence, les Montréalais sont les dindons de la pompe

Publié le par Cyril

Les automobilistes montréalais se sentaient comme les dindons de la farce, hier, et avec raison. Alors que le cours du baril de pétrole avait encore baissé la veille et que les distributeurs montréalais avaient annoncé des baisses de prix, le prix du litre à la pompe, lui, a fait un bond soudain et inexpliqué de plus de dix cents. 

À minuit hier, les distributeurs de pétrole de Montréal comme Ultramar et Norcan avaient pourtant baissé le prix de leur produit à la rampe : 3,5 cents de moins pour l'essence, 3,0 cents pour l'huile à chauffage et le diesel.

 

La rampe, c'est l'endroit où les camionsciternes se ravitaillent pour aller approvisionner les stations-services.

 

«Je paie l'essence 79,68 taxes incluses. Il n'y a pas de raison que les gens paient 95 cents à la pompe», a expliqué hier un commerçant qui a requis l'anonymat.

 

Autrement dit, un détaillant qui se serait approvisionné à la rampe hier et qui aurait revendu son essence à la pompe au prix de 95 cents aurait empoché 15 cents le litre.

 

Sur les marchés internationaux, le baril de pétrole avait quant à lui baissé de 1,60 $ pour clôturer à 40,08 US $.

 

Bien difficile de comprendre

 

La hausse à la pompe est donc difficile à comprendre pour les automobilistes

 

Le vice-président de l'Institut canadien des produits pétroliers, Carol Montreuil, a fait valoir sur toutes les tribunes hier que cette hausse était nécessaire étant donné que plusieurs détaillants vendaient à perte depuis quelque temps.

 

Selon lui, la marge du détaillant se situe bon an mal an autour de 5 cents le litre à Montréal depuis quelques années.

 

S'il en coûte 79,68 cents à la rampe, le prix ne devrait-il pas, selon cette logique, se situer autour de 85 cents, non ?

 

«Les détaillants ont vendu à perte durant plusieurs jours et récupèrent leurs pertes, répond M. Montreuil. Les automobilistes sont gagnants des jours, perdants d'autres. Si on faisait une moyenne sur un an, ils paieraient le juste prix avec une marge au détail de 5 cents.»

 

Pour se rendre à Montréal...

 

Chose certaine, l'essence était partout moins chère autour de Montréal, sauf à Laval, selon les données recueillies par EssenceQuebec.com.

 

D'ailleurs, Le Journal de Montréal s'est amusé à prendre des photos des prix affichés lors d'un trajet de Beloeil vers Montréal, hier. Plus on s'approchait de Montréal, plus les prix grimpaient.

 

Les prix à la pompe étaient par ailleurs à 74 cents à Ottawa et 80 cents à Toronto, hier. Carol Montreuil réfute cette comparaison : «Si vous enlevez les taxes dans les prix partout au Canada, dit-il, vous allez voir que c'est encore au Québec que les prix sont les moins chers.»

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