Véronique Cloutier et Louis Morissette s'expliqueront vendredi
De retour au pays, Véronique Cloutier et Louis Morissette réagiront vendredi après-midi à la controverse ayant entouré le Bye Bye 2008.
Les deux créateurs répondront alors pour la première fois aux critiques de l'émission de fin d'année, que certains ont qualifiée de raciste et de mauvais goût.
Un sketch mettant en vedette l'animateur Denis Lévesque dans une entrevue fictive avec le président élu américain Barack Obama a ainsi été dénoncé comme étant raciste. Les commentaires très crus de l'humoriste Jean-François Mercier, notamment au sujet du Canada anglais, ont aussi été critiqués, tout comme les blagues au sujet de Nathalie Simard.
Le vice-président principal de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, a répondu aux critiques plus tôt cette semaine, par le biais d'une lettre envoyée aux médias. «Nous entendons clairement le message qui nous est envoyé, a écrit M. Lafrance. Nous en tirons des leçons et nous en tiendrons compte dans nos réflexions et décisions futures relatives à des projets du même ordre.»
Par ailleurs, le ministre du Patrimoine James Moore a jugé offensants les propos tenus dans le Bye Bye, ajoutant, en entrevue à TVA, que lorsque des investissements sont faits pour créer de la comédie, celle-ci devrait être drôle, mais que dans ce cas, ce n'était pas drôle.
«Je suis le ministre du Patrimoine, le ministre responsable de Radio-Canada, mais je ne suis pas le ministre responsable du goût», a-t-il lancé, ajoutant toutefois que «ce n'est pas la fin du monde». Le ministre ne prévoit d'ailleurs pas demander des comptes aux dirigeants de Radio-Canada.
De son côté, le porte-parole libéral en matière de Patrimoine, Denis Coderre, a admis avoir ressenti un malaise face aux blagues sur Nathalie Simard, qui a été victime d'agressions sexuelles de la part du père de Véronique Cloutier.
Concernant les blagues à caractère raciste contenues dans l'émission, M. Coderre a affirmé à TVA que «même si on essaie en humour de dire des choses, il y a des choses qui sont totalement inacceptables et offensantes».
Le mécontentement à l'égard du Bye Bye 2008 s'est matérialisé en de nombreuses plaintes déposées au bureau du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, qui avait déjà reçu 28 plaintes mardi.
Le Centre de recherche-action sur les relations raciales a d'ailleurs annoncé mercredi avoir déposé une plainte auprès du CRTC, dénonçant «l'usage répétitif des références et des propos offensants (...) et des stéréotypes inacceptables concernant les traits physiques et sexuels des personnes de race noire».