«En 29 ans, jamais personne ne m'a accusé d'être raciste» -Denis Lévesque
«J’ai trouvé le numéro sur Denis Lévesque très drôle!» m’a répondu l’air agacé, Louise Lantagne, la directrice générale de la télévision de Radio-Canada, hier au visionnement des Invincibles. Il faut dire que cette réponse directe est arrivée après plus de 30 minutes de discussion corsée entre les «critiqueux» professionnels de la télévision réunis pour faire le post-mortem de cette soirée. J’avais demandé à MmeLantagne ce qu’elle pensait personnellement de ce numéro, dont le but premier était de faire ressortir le racisme de l’Amérique blanche à travers l’animateur de Roberval.
Hier, c’était le retour de Denis Lévesque à l’antenne de LCN. À la fin de son émission, il a tenu à dire un petit mot aux téléspectateurs. Si Radio-Canada a reçu 800 commentaires, pour la plupart négatifs, si les dénonciations fusaient de toutes parts sur les blogues, du côté de Denis Lévesque, ç’a été tout le contraire. Sa boîte de courriels était remplie de messages d’encouragement envoyés par des gens déçus qu’on l’ait dépeint comme un gars de région, un peu tata, qui se permet de dire des farces racistes en ondes.
Bon joueur, il a dit avoir bien aimé l’imitation de François Maranda (qu’il a même déjà invité sur son plateau) et qu’il était ouvert aux caricatures parce qu’il est conscient que, avec son style, il est différent.
«Là où j’ai de la difficulté, c’est qu’on m’ait présenté comme un raciste. Les auteurs ont émis un communiqué pour expliquer ce qu’ils voulaient dire dans ce Bye Bye. Quand il faut expliquer une joke cinq jours après, c’est parce qu’elle ne doit pas être bonne. Ça fait 29 ans que je travaille, et jamais personne ne m’a accusé d’être raciste», a lancé Denis Lévesque en guise de réponse. On n’en doute pas, surtout quand on sait qu’il a été un de ceux qui ont dénoncé fortement les propos de Pierre Mailloux et qu’il a toujours fait de la place dans son émission à la communauté noire du Québec. Il a trouvé désolant qu’on se permette cette liberté à son égard. Et on le comprend.
Jean-François Mercier disait plus tôt cette semaine que lorsqu’il s’est couché en 2008, tout allait bien, et que lorsqu’il s’est levé en 2009, tout allait mal; je pense que Denis Lévesque peut affirmer la même chose, sauf que, pour sa part, il ne l’avait pas cherché.
Le prochain Bye Bye signé par RBO?
Bien que la direction apprécie grandement le travail d’écriture de Louis Morissette et de son équipe et qu’elle leur accorde encore son vote de confiance (d’ailleurs, la direction souhaite s’asseoir avec Louis Morissette pour discuter d’une quatrième série de C.A.), Louise Lantagne aimerait bien revoir RBO à la signature du prochain Bye Bye. L’été dernier, lorsque le groupe a refusé de prendre le contrat, il lui a fait savoir qu’il préférait sauter un tour. La porte est donc ouverte aux négociations. Les gars de RBO se sentiront-ils d’attaque pour défoncer l’année 2009? À suivre…