Le sida accapare des fonds au détriment d'autres maux
Au moment où l'on souligne la Journée mondiale de lutte contre le sida, lundi, certains experts commencent à dire que le sida accapare des fonds qui devraient plutôt être consacrés à d'autres besoins plus pressants.
Selon eux, le monde serait entré dans une ère post-sida, la propagation de la maladie étant jugulée presque partout sur la planète, sauf en Afrique. Le sida est une terrible tragédie humanitaire, mais il n'est que l'une des nombreuses tragédies humanitaires, soutient Jeremy Shiffman, qui étudie les dépenses en santé à l'Université de Syracuse.
Un autre expert va plus loin. Roger England, membre d'un groupe d'experts de la Grenade, soutient qu'ONUSIDA, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA, ne sert plus à rien et devrait être démantelé. Dans le British Medical Journal, ce printemps, il écrivait qu'il y a une «industrie» mondiale du sida, qui compte trop de gens bien payés, et trop de vedettes rock pour qui la lutte au sida est devenu un accessoire à la mode.
Son point de vue est contesté par un membre d'ONUSIDA. Selon Paul de Lay, il est tout à fait légitime de s'interroger sur la place du sida dans les priorités mondiales en santé, mais on aurait tort de croire que l'épidémie est sous contrôle.