Les contribuables vont payer!

Publié le par Cyril

Les municipalités du Québec risquent de subir un dur coup avec la débandade des marchés financiers. Obligées de compenser les pertes des fonds de pension de leurs employés, les villes pourraient être contraintes d'augmenter les taxes et de couper dans les services. 

«Toute municipalité aux prises avec un régime très lourd par rapport à son budget risque de trouver les prochaines années très difficiles», indique l'actuaire Gino Girard, associé chez Morneau Sobeco.

 

C'est que la valeur totale du régime de retraite des villes dépasse dans plusieurs cas le budget annuel.

 

À Montréal, notamment, la caisse de retraite a accumulé une somme de 13 milliards de dollars alors que le budget annuel est de 4 milliards.

 

En cas de rendement négatif comme c'est le cas actuellement, la Ville serait ultimement obligée de combler le déficit.

 

La facture pourrait alors atteindre plusieurs dizaines, sinon plusieurs centaines, de millions de dollars.

 

Inquiétant

 

La situation est inquiétante partout dans la province, selon l'Union des municipalités du Québec.

 

«C'est sûr que les rendements négatifs ont un impact sur le budget des municipalités. [...] Si elles doivent ajouter 5 % au fonds de pension, elles doivent le financer dans leur budget en coupant des services ou des postes, en ajoutant des taxes foncières ou en reportant des projets», explique la conseillère aux politiques Aline Laliberté.

 

Certaines villes essaient d'ailleurs déjà d'éviter cet éventuel gouffre financier.

 

Mesures

 

Laval a ainsi créé un fonds dédié de 4,3 M$ il y a deux mois.

 

«On a créé une réserve contre les fluctuations. On ne s'en va pas vers des années fastes, alors on prend les devants», lance le maire, Gilles Vaillancourt.

 

Il souligne que la caisse de retraite de sa municipalité, qui a accumulé 775 M$, dépasse le budget annuel de 675 M$ de Laval.

 

La Ville de Gatineau a elle aussi créé un fonds de réserve en 2002, qui atteint aujourd'hui les 14 M$.

 

«Ce qui nous sauve, c'est qu'on a une réserve. On devait être bon pour deux ou trois ans, mais cette année je pense qu'on va en gruger une bonne partie», dit le maire, Marc Bureau.

 

Prudence

 

À Montréal, une telle mesure n'existe pas. Le responsable des finances au comité exécutif se veut toutefois rassurant.

 

«On n'a pas de lunettes roses et on surveille la situation de très près. On va tenir compte des possibles pertes sur le rendement des caisses, qui seront incorporées aux données budgétaires de novembre 2008», indique Sammy Forcillo.

 

 

  • L'indice de Mercer sur la situation financière des régimes de retraite indiquait hier une baisse d'environ 10 % depuis le début de l'année.

 

«Ce qu'ils ont dit ...»

 

 

  • «L'année 2008 sera une année difficile pour les rendements. Mais il ne faut pas paniquer. Il y a toujours des mauvaises années, il faut regarder sur le long terme.»
    - Dominique Vachon, économiste associée à l'Institut économique de Montréal

 

 

  • «Il n'y a pas péril en la demeure, mais ça va être problématique dans les prochaines années. Il va falloir revoir certains droits acquis pour ne pas aller piger dans les poches de tous les citoyens pour assurer la retraite confortable de quelques employés.»
    - Marcel Robert, maire de Sorel-Tracy

 

 

  • «Actuellement, les municipalités qu'on représente sont relativement à l'abri. C'est la baisse de rentabilité des fonds de pension qui pourrait faire tourner la roue dans le mauvais sens.»
    - Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des municipalités (villes jusqu'à 10 000 habitants)

 

 


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