Le troisième album de Dany Bédar.
À la première écoute du troisième disque solo de Dany Bédar, on se dit que le chanteur de l’Abitibi est encore bien aigri par la vie. Mais quand on lui pose la question à savoir s’il est un homme triste, il nous regarde avec un grand sourire et nous répond: «Pas du tout. Mon album est un album joyeux, un album rempli d’espoir. Même si je fais du blues, je ne suis pas malheureux. Moi, je suis un gars de blues.» L’espoir
Pourtant, des chansons comme Oublier, Je n’attends plus ton retour ou Adieu, ne sont pas nécessairement des chansons gaies: « Oublier est une chanson d’espoir parce que je dis qu’il faut oublier pour passer à autres choses. Certaines chansons traitent d’amour, mais moi je n’ai pas la prétention d’expliquer l’amour, j’en parle sans me poser trop de questions.»
Dany Bédar fêtera ses dix ans de carrière l’an prochain. Né dans une famille où la musique prenait beaucoup de place, il n’a jamais pensé faire autre chose: «Du côté de ma mère, les Gagnon, tout le monde chantait, jouait d’un instrument. Pendant le temps des fêtes, c’était très rigodon. Du côté des Bédard, c’était plus intellectuel avec Harmonium, Beau Dommage et les groupes de la fin des années 1970. J’ai donc subi les deux influences et il est bien certain que cet entourage musical m’a donné le goût de faire de la musique.»
Pouquoi Dany a-t-il pris quatre ans avant de faire un nouvel album? «Dans mes remerciements dans le livret de mon album, je remercie ma compagnie de disques Déjà musique de m’avoir laissé le temps sans mettre de pression. Je ne suis pas un gars pressé, je voulais prendre mon temps, sortir cet album quand j’étais prêt. Pendant cette période, je travaillais, j’ai donné des spectacles, j’ai jasé avec le public. J’aime bien, après un spectacle, descendre dans la salle, parler avec les fans. J’aime avoir le pouls de ceux qui viennent me voir et m’entendre. De cette façon, je sais ce que les gens attendent de moi.»
En Harley Davidson
Dany Bédar est un personnage contradictoire. Même si ses chansons sont remplies de tristesse, même s’il nous donne l’impression d’être souvent seul, à la recherche de l’amour éternel, ce n’est pas le cas. Dany est un gars de gang, un gars de «bike». «J’ai une Harley et je fais beaucoup de route. Cet été, j’ai beaucoup roulé avec Martin Deschamps. J’aime cette atmosphère: rencontrer d’autres «bikers» au hasard du chemin».
«Je ne cherche pas l’amour» Et si on peut penser qu’il cherche éperdument l’amour, ses textes nous expliquent exactement le contraire: «Comme je dis dans les chansons Cher Cupidon et surtout dans J’vais penser à moi maintenant, je ne recherche pas le grand amour. S’il arrive, il arrivera. Présentement, je suis célibataire et très heureux de ma condition.»
Nouveau propriétaire d’une maison dans le nord de la ville (il remercie son agent immobilier et sa conseillère financière dans le livret de son album, Marc et Maryline, pour le toit sur la tête), il aime rentrer chez lui et profiter de la vie. Dany Bédar a le blues du célibataire heureux.