Déformées par la chirurgie esthétique!

Publié le par Cyril

Un omnipraticien, accusé par deux patientes d'avoir déformé leurs corps en pratiquant un transfert de gras pour leur grossir les seins, comparaîtra lundi devant le comité de discipline du Collège des médecins
 

«J'ai des creux sur les cuisses, la forme de mes fesses a changé et j'ai des plis sur le ventre quand je prends certaines positions», déplore une des plaignantes, Manon Valade, 44 ans, qui a déboursé quelque 5 000 $ pour son augmentation mammaire.

 

Le Dr Denis Bisson, propriétaire de cliniques d'esthétique à Montréal et à Saint-Sauveur, comparaîtra lundi devant ses pairs. On lui reproche entre autres des actes intempestifs contraires aux données de la science médicale actuelle. Deux poursuites au civil sont aussi prévues.

 

Mondialement controversé

 

Le médecin aurait pratiqué sur les plaignantes une chirurgie mondialement controversée et déconseillée par le Collège et l'Association des spécialistes en chirurgie plastique et esthétique du Québec (ASCPEQ) : le transfert de gras aux seins.

 

Il consiste à prélever par liposuccion des cellules graisseuses dans une région du corps pour ensuite l'injecter dans les seins.

 

«Les chirurgiens plastiques ne le font pas en si grande quantité. Ça peut être bien pour adoucir les rides ou réparer une cicatrice, mais une injection totale dans tout le sein a toujours été condamnée par la littérature», dit le DrÉric Bensimon, membre du conseil d'administration de l'ASCPEQ.

 

«On ne le reconnaît pas si ce n'est pas fait dans un cadre de recherche bien précis et nos membres ne peuvent pas le pratiquer», ajoute la porte- parole du Collège, Leslie Labranche.

 

Qu'à cela ne tienne, le Dr Bisson, un omnipraticien de formation, annonce la procédure litigieuse sur son site Internet comme une» méthode naturelle pour augmenter le sein d'un bonnet et retrouver le galbe».

 

Pas de résultats

 

Selon la plaignante interrogée, l'intervention effectuée il y a deux ans n'aurait toutefois pas donné les résultats escomptés.

 

«Au départ, je voulais une augmentation parce que j'ai de la difficulté à m'habiller, Je ne remplis même pas un bonnet de brassière A», explique Mme Valade.

 

«En sortant après l'opération, le résultat était bien, mais en trois mois, j'avais tout perdu. Je me retrouve avec les mêmes petits seins et en plus avec une difformité.»

 

En fin de journée, hier, le Dr Bisson n'avait pas rappelé.

 

 



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