un cri d'imprécation» !

Publié le par Cyril

Un jeune homme s'est fait traiter d'imbécile et s'est vu remettre un constat d'infraction de 428 $ pour avoir fait un commentaire sur les événements de Montréal-Nord devant des policiers qui n'entendaient vraiment pas à rire. 

Philippe Morin, 22 ans, a compris qu'il fallait mieux tenir sa langue devant les forces de l'ordre par les temps qui courent.

 

Alors qu'il se rendait compléter un contrat de traduction à l'Université McGill, mercredi après-midi, il aperçoit le conducteur d'un véhicule utilitaire sport qui crie des insultes à deux policiers qui patrouillent à vélo.

 

Pendant que les deux agents prennent en chasse le conducteur, M. Morin dit à haute voix :» Eh ben, ça doit être à cause qu'ils ont tué le jeune», faisant un lien avec la mort de Fredy Villanueva, tombé sous les balles d'un policier.

 

«Tout ce que je voulais dire, c'est que l'homme semblait les avoir insultés en raison du jeune homme tué, selon ce que j'ai entendu.»

 

«Imbécile !»

 

C'est alors que les deux agents changent de direction et foncent sur Philippe Morin, d'une manière» très agressive», décrit-il.

 

«Le policier m'a traité d'imbécile. Son collègue, un homme avec des gros bras et des tatouages, s'est approché à moins de dix centimètres de mon visage et m'a crié qu'il allait me montrer à vivre», raconte l'étudiant à la maîtrise en économie.

 

M. Morin s'est alors vu remettre un constat d'infraction de 428 $ pour» avoir émis un bruit audible à l'extérieur, un cri d'imprécation».

 

Imprécation

 

«J'ai dû chercher dans le dictionnaire pour comprendre que le mot «imprécation» signifie «souhaiter le malheur», se rappelle-t-il. «Si j'ai pu offusquer les policiers avec mon commentaire, je m'en excuse. Mais ce n'était pas mon but. Franchement, je peux comprendre qu'ils sont sur les nerfs, mais on a quand même le droit de parler dans la rue.»

 

M. Morin dénonce l'attitude des deux policiers, attitude qu'il qualifie de» manque flagrant de courtoisie.» Il entend contester sa contravention.

 

«Nous ne commenterons pas ce cas en particulier puisque nous n'avons qu'un côté de la médaille», a indiqué le porteparole du Service de police de la Ville de Montréal, Ian Lafrenière.

 

«Cependant, un citoyen peut toujours contester sa contravention. S'il considère qu'il a été mal servi par les policiers, il peut aussi déposer une plainte à son poste de quartier ou en déontologie policière par Internet», a conseillé l'agent Lafrenière.

 

Un constat pour «imprécation» peut être délivré à quiconque crie dans un lieu public, pousse un juron ou vocifère.

 

 



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