Oiseaux de malheur !

Publié le par Cyril

Depuis le début de l'été, des coups de feu résonnent tous les soirs dans le paisible quartier d'Anjou-sur-le-Lac. Trois appareils installés pour effaroucher les oiseaux sont un véritable cauchemar pour les résidants, qui n'osent plus sortir dès l'heure du souper.
 

«On se croirait au Vietnam. Les vitres vibrent, mon lit shake. On ne peut plus ouvrir les fenêtres. On souffre de fatigue excessive et de stress», lance Pierre Blackburn, qui habite à une trentaine de mètres d'un «effaroucheur d'oiseaux».

 

L'arrondissement d'Anjou a fait installer trois dispositifs de la compagnie Agri-SX pour chasser les «oiseaux noirs» du secteur. Selon le directeur des travaux publics, 30 000 étourneaux et quiscales avaient adopté depuis quelques années les arbres autour du lac comme dortoir.

 

«Il y avait de plus en plus de dommages en raison des fientes et du bruit le soir, et la nuit quand ils décollaient», explique Normand Lussier, ajoutant que des résidants réclamaient l'intervention de la Ville.

Détonations

 

Pour débarrasser le quartier des oiseaux, des mâts qui simulent l'envol d'un oiseau de proie émettent une détonation semblable à un coup de carabine aux six minutes, de 19 heures à 21 heures chaque soir depuis le 9 juin.

 

Un des appareils est même en fonction dès 7 heures le matin, précise le directeur technique d'Agri-SX, Jacques Pueyo.

 

Un autre est situé à moins de deux mètres d'un parc pour enfants. «C'est très bruyant, il y a beaucoup moins d'enfants», note Nathalie Luyanai, qui évite dorénavant de fréquenter le parc avec son fils.

Pire

 

Plusieurs résidants rencontrés par Le Journal de Montréal se disent en effet plus incommodés par les coups de canon qu'ils ne l'étaient par les oiseaux, qui ont presque disparu cette année.

 

«Les enfants ont peur. Mes filles ne veulent plus aller sur le bord du lac le soir», témoigne notamment un père de deux fillettes.

 

Une voisine renchérit. «C'est une affaire de fou. Pour régler le problème d'oiseaux, on en crée un autre. On ne peut pas tolérer ça», lance Cécile Champagne.

 

Agri-SX assure pourtant que ses appareils, souvent utilisés près des aéroports et sur les plages, ne dépassent pas les normes de bruit pour un quartier résidentiel. «La loi permet un niveau sonore de 60 décibels. On ne dépasse pas 40 à 45 décibels, c'est bien inférieur», dit M. Pueyo.

 

 

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