Hôpitaux : double jeu
Signe de la présence grandissante des agences de placement dans le système de santé, l'hôpital Honoré-Mercier vient de mettre à la porte deux cadres qui auraient invité du personnel à se joindre à une agence privée d'infirmières leur appartenant.
«Elles ont poussé l'audace trop loin et ça leur a coûté leur emploi», lance le président du syndicat FIQ du CSSS Richelieu- Yamaska, qui représente les infirmières, Richard Beauregard.
Les deux cadres, Judith Lecours, infirmière- chef de l'unité de débordement, et France Grenier, conseillère en support technique, sont propriétaires depuis plus d'un an de l'agence de placement Maggy, qui sert des hôpitaux de la Montérégie.
Conflit d'intérêts
Une situation qui indispose le syndicat des employés depuis ses débuts. «Je trouvais qu'il y avait apparence de conflit d'intérêts, explique M. Beauregard. Les cadres avaient une paye du public et en même temps, elles concurrençaient le réseau public avec une agence privée.»
Le 2 mai dernier, lors d'une réunion, le syndicat a fait part de ses inquiétudes à la direction de l'hôpital.
«Le directeur général a demandé si les deux femmes recrutaient des infirmières chez nous et plusieurs personnes ont dit oui.» Parmi elles, une cadre haut placée dans l'organisation, raconte le président du syndicat.
Congédiées
Moins de deux semaines plus tard, Mmes Lecours et Grenier recevaient un avis de congédiement de la part de l'hôpital.
En entrevue avec le Journal, Judith Lecours a préféré ne pas commenter sa mise à la porte puisqu'elle prévoit entreprendre des mesures judiciaires pour contester.
«J'ai un très beau dossier», a-t-elle simplement dit.
Le porte-parole de l'hôpital Honoré-Mercier, Claude Dallaire, a pour sa part refusé de confirmer ou d'infirmer le renvoi de ses employées et les motifs de celui-ci.
«Mais on ne tolérerait d'aucune manière qu'une agence recrute entre nos murs.»