NON !!

Publié le par Cyril

BROWNSBURG-CHATHAM | Malgré un avis d'expulsion qui expire dans quelques jours, Stéphane Saint-Jean n'en démord pas. L'homme et sa mère n'ont nullement l'intention de quitter les conteneurs qu'ils habitent depuis bientôt deux ans en pleine forêt dans les Laurentides.

 

«Je suis dans mes droits. Le terrain m'appartient, je paye mes taxes et je ne dérange personne. Tout ce que je veux, c'est qu'on nous laisse tranquille», dit sur un ton décidé l'homme de 40 ans.
 

Comme le rapportait en mars Le Journal de Montréal, Stéphane Saint-Jean et sa mère, Suzanne Gauthier, habitent depuis juillet 2006 un terrain partiellement défriché situé au bout d'un chemin de terre de la ville de Brownsburg-Chatham.

Des insectes

 

L'aménagement a de quoi surprendre en ce XXIe siècle. Quatre conteneurs à marchandises y ont été disposés, dont deux font office de maisons.

 

Si le froid est un ennemi durant l'hiver, ce sont les insectes qui le sont l'été. «C'est épouvantable. Mais je suis chez moi. On va m'assassiner avant que je sorte d'ici», dit Mme Gauthier, une dame de 69 ans aux prises avec des problèmes cardiaques.

 

La Ville a cependant décidé de mettre un terme à cette occupation qu'elle qualifie d'illégale. Quelques jours après avoir pris connaissance de la situation, elle leur a envoyé une mise en demeure leur ordonnant de quitter leur habitation dans les 90 jours.

 

«On nous a traités comme des moins que rien!» tonne M. Saint-Jean, rappelant que ce lieu leur a sauvé la vie après des années de misère.

Comble de l'insulte

 

Lise Bourgault, la mairesse de Brownsburg- Chatham, est catégorique. «Dès le 3 juillet, un inspecteur va aller sur les lieux. S'ils n'ont toujours pas quitté leur habitation, il leur émettra un constat d'infraction qui peut coûter très cher. S'ils refusent toujours de partir, on s'adressera aux tribunaux», explique-t-elle.

 

La mairesse se défend de manquer de compassion. «On ne peut pas laisser des gens vivre comme ça en 2008. C'est inhumain. On a fait notre possible pour les aider et les relocaliser, mais ça n'a pas fonctionné», affirme-t-elle.

 

Outre un formulaire d'aide sociale qu'on lui a fait parvenir, une initiative qu'il qualifie «du comble de l'insulte», M. Saint-Jean dit n'avoir reçu aucune aide de qui que ce soit. «Quand t'as pas d'argent, t'as pas d'amis. C'est plate mais c'est comme ça», dit celui qui vit de la pension de vieillesse de sa mère et d'argent obtenu par le troc et le recyclage d'objets divers.
Bien que l’endroit n’a pas d’eau potable et de toilettes, un ingénieux système alliant gaz propane, ventilation et panneau solaire leur permet de se tirer d’affaire.

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