La Gay Pride de Paris
Plusieurs centaines de milliers de personnes ont pris part samedi à la Marche des fiertés lesbiennes, gay, bi et transsexuelles autour du slogan "Pour une école sans aucune discrimination".
Ils soulignent la nécessité d'une prévention précoce de l'homophobie et attirent l'attention sur la détresse de nombreux jeunes homosexuels.
Beaucoup de jeunes sont venus participer à cette marche festive dans les rues de Paris, entre Denfert-Rochereau et Bastille, à Paris. 700.000 personnes étaient présentes pour les organisateurs, 500.000 selon la police.
Beaucoup de professeurs, d'instituteurs et de syndicalistes enseignants se sont joints au défilé de chars multicolores.
"A l'école, on me jetait des cailloux et on m'insultait": pour Jasen, jeune collégien de 15 ans qui participe à la Marche des fiertés lesbiennes, gay, bi et transsexuelles, la Gay Pride française, le thème de l'école, choisi pour cette 7e édition, revêt un caractère particulier.
"Ca a été difficile jusqu'en troisième. Après, les gens mûrissent, les mentalités évoluent", explique-t-il avec un petit sourire. Lunettes de soleil à larges bords blancs, talons hauts et colliers de perles, son copain Jérémie, 19 ans, "fier d'être gay", a subi la même discrimination "jusqu'au lycée".
Pour sa part, Hugo, près d'eux, affirme: "Lorsque nous rencontrons les collégiens, beaucoup pensent encore qu'un homosexuel c'est une drag-queen à la Gay Pride. On peut aussi être homo 365 jours par an, tout à fait normalement".
Son quotidien c'est aussi d'être un des responsables de l'association MAG (Mouvement d'affirmation gay), qui intervient notamment en milieu scolaire.
Hallyi, touriste californienne de 34 ans, découvre avec surprise la Gay Pride parisienne. Et en Californie, cela se passe mieux pour les jeunes homosexuels à l'école?
"Non, ce n'est pas accepté. On est pourtant un état ouvert à l'homosexualité mais c'est encore difficile", admet cette enseignante.
"Bien sûr qu'il y a du boulot à faire dans les écoles", reconnaît pour sa part Catherine, talons hauts, boa de plumes autour du coup et oreilles de lapin sur la tête, avant d'ajouter: "mais pour l'heure, on est là pour s'amuser!".
Un thème d'une grande importance
Le thème de cette Gay pride a été choisi pour deux raisons, a expliqué Alain Piriou, porte-parole de l'Interassociative lesbienne, gay, bi et transsexuelle (Inter LGBT, qui réunit 60 associations).
"Dans les affaires d'homophobie, une des caractéristiques est d'avoir des agresseurs souvent très jeunes, de 20 ans ou moins. Quelque chose n'a pas été fait en matière de prévention des comportements discriminatoires", relève-t-il.
Deuxièmement, "les jeunes homosexuels se suicident 13 fois plus que les hétérosexuels et 32% des homosexuels de moins de 20 ans ont fait une tentative de suicide", a ajouté Philippe Castel, du principal syndicat enseignant, la FSU.
"Un quart des tentatives de suicide des garçons de 15 à 25 ans et 10% des filles du même âge sont très liés à un problème d'homosexualité dont ils ne peuvent parler qu'à la suite de ce geste", relevait Dominique Versini, Défenseure des enfants, dans son rapport 2007.
"Nous ne demandons pas de loi mais des actions de terrain de formation et des outils d'intervention auprès des jeunes", a indiqué Alain Piriou. "Si des choses se font dans les lycées, il y a un point de blocage avec le ministère de l'Education pour les collèges", déplore-t-il.
Pour la première fois, la circulaire de rentrée 2008 du ministère mentionne explicitement la lutte contre l'homophobie.
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