Des enfoirés aux pays

Publié le par Cyril

Des milliers d'automobilistes ont été floués par un cartel de stations-services collaborant entre elles pour fixer le prix de l'essence. Treize individus et 11 entreprises ont été accusés hier par le Bureau de la concurrence. 

Il faut remonter à 1955, en Colombie- Britannique, pour trouver le dernier cartel officiellement accusé d'avoir manipulé les prix de l'essence comme l'auraient fait ces stations-services de Sherbrooke, Magog, Thetford Mines et Victoriaville.

 

L'enquête qui a abouti hier pourrait aussi avoir des ramifications qui déboucheront sur d'autres accusations dans d'autres régions du Québec et du Canada.

 

Les stations-services pointées du doigt par le Bureau de la concurrence portaient les bannières les plus connues au Québec : Petro-Canada, Shell, Esso, Olco, Irving et Ultramar.

 

À l'exception d'Ultramar, ce sont toutefois des opérateurs franchisés qui avaient le pouvoir de fixer eux-mêmes les prix qui ont été accusés. C'est notamment le cas d'Alimentation Couche-Tard, dont au moins 17 stations-services participaient au stratagème, selon le Bureau.

 

Des millions en profits

 

Ultramar a d'ailleurs plaidé coupable et reçu une amende de 1 850 000 $. Les Pétroles Therrien (Pétro-T) et Distributions pétrolières Therrien ont aussi avoué leur culpabilité et devront débourser 179 000 $. Idem pour Jacques Ouellet, un employé d'Ultramar, frappé d'une amende de 50 000 $.

 

Il est impossible de savoir précisément combien ont illégalement empoché les accusés avec leur manège, a expliqué hier la commissaire à la concurrence Sheridan Scott, «mais s'ils avaient réussi à maintenir pendant toute une année un prix plus élevé de 1¢/litre, ils auraient empoché un total de 2 M$».

 

Les activités du cartel se seraient étendues pendant près de deux ans, de juin 2004 à avril 2006.

 

D'autres accusations

 

Les accusations déposées jusqu'ici visent un total de 53 stations-services, alors qu'au moins 98 d'entre elles étaient impliquées dans le cartel, selon le Bureau de la

 

«Nous avons remis notre preuve aux procureurs de la Couronne, qui étaient prêts à déposer ces accusations immédiatement, mais d'autres pourraient venir», a expliqué Mme Scott.

 

Ultramar, son employé Jacques Ouellet, les Pétroles Therrien (Pétro-T) et sa division Distributions pétrolières Therrien, les quatre accusés ayant plaidé coupable, ont volontairement collaboré à l'enquête après avoir fait l'objet de perquisitions (voir

 

En vertu du Programme d'immunité du Bureau de la concurrence, ils ont reçu une sanction plus clémente.

 

Les accusés sont : Michel Lehoux, Carol Lehoux, André Bilodeau, Richard Bédard, Céline Bonin, Daniel Leblond, Jean-Yves Plourde, Daniel Drouin, Christian Payette, Pierre Bourassa, Gisèle Durand, Michel Dubreuil et Jacques Ouellet.

 

Comment ça fonctionnait...

 

1 Des coordonnateurs régionaux chapeautant plusieurs stationsservices constatent une hausse de prix dans d'autres régions, Montréal par exemple.

 

2 Ils contactent par téléphone leurs propres détaillants ainsi que ceux d'autres entreprises pour fixer un nouveau prix devant entrer en vigueur à un moment précis.

 

3 Au moment convenu, toutes les stations-services impliquées dans le réseau affichent le même prix.

 

 

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