Facile de passer à l'aéroport Trudeau !
Et pour la deuxième fois en un an et demi, c'est encore la compagnie Cara, qui fournit les services alimentaires sur les avions, qui a été ciblée par les policiers.
Trois de ses employés actuels, Antonio Giancola, Antonino Sciortino et Emmanuel Costa, tous âgés de 41 ans et résidants de Montréal, ont été arrêtés.
Un ex-employé de Cara, Mohammed Sheikh, 34 ans, de Montréal, a également été appréhendé.
Les quatre hommes sont soupçonnés de faire partie d'un réseau de trafiquants de cocaïne qui utilisait les avions qui font la navette avec la République dominicaine pour importer la drogue à Montréal et la vendre dans les rues de la métropole.
«Leur rôle était de faciliter la sortie des drogues de l'aéroport», explique l'inspecteur André Lemyre, de la GRC.
Sur les trois saisies, dans deux cas, la drogue avait transité par un vol d'Air Canada, et dans un autre cas, par un vol d'Air Transat.
Ils ont été accusés de trafic de cocaïne hier au palais de justice de Montréal et demeurent détenus en attendant la suite des procédures, sauf Emmanuel Costa, qui a été libéré sous conditions.
En tout, huit individus ont été arrêtés dans le cadre de l'opération Conclusion.
Déjà vu
Lors de la fameuse opération Colisée menée en novembre 2006 contre le crime organisé italien, deux individus liés à l'entreprise Cara et deux douaniers, dont l'un était posté à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, avaient été arrêtés pour avoir censément tenté d'importer de la drogue.
Mais selon la GRC, les individus arrêtés hier formaient une organisation indépendante et aucun lien, du moins pour le moment, ne peut être fait avec les accusés de l'opération Colisée.
L'opération Conclusion a débuté en août 2006, trois mois avant le dénouement de l'opération Colisée, et visiblement, cela n'a pas ralenti les ardeurs des suspects appréhendés hier. «L'appât du gain», a simplement expliqué une source.
«L'enquête est toujours en cours, et il pourrait y avoir d'autres arrestations», conclut l'inspecteur Lemyre.
EN BREF
MUTISME DES COMPAGNIES AÉRIENNES
Les compagnies aériennes dont les avions ont été utilisés par le réseau ont refusé de commenter. «Nous ne pouvons faire de commentaires sur cette affaire puisqu'elle fait l'objet d'une enquête policière. Je peux vous assurer cependant qu'Air Canada a pour priorité absolue d'assurer la sécurité de ses clients, ses équipages et ses appareils», a notamment affirmé Isabelle Arthur, d'Air Canada.
DES HOMOLOGUES RÉAGISSENT
Cara détient le monopole de l'approvisionnement alimentaire des compagnies aériennes à Montréal, mais il y a aussi de petits joueurs indépendants qui tirent leur épingle du jeu en desservant d'autres petits transporteurs aériens. L'un d'eux craint que l'arrestation des employés de Cara ne porte ombrage à l'industrie. «C'est toujours plate. Ça défait la profession. C'est très important pour nous d'assurer la sécurité», a-t-il indiqué. Chez un autre fournisseur de Toronto, une employée a indiqué que les compagnies aériennes devraient choisir un autre traiteur que Cara par mesure de sécurité.
LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE «DÉRANGÉE»
«Vous nous apprenez la nouvelle [que la drogue provenait de la République dominicaine]. C'est quelque chose qui nous dérange. C'est plate. Mais on ne peut pas commenter», a laissé tomber une employée de l'Office de tourisme dominicain basé à Montréal.
VOYAGES CAA-QUÉBEC SOURCILLE
Voyages CAA-Québec a brièvement commenté la nouvelle hier. «Évidemment, la sécurité des voyageurs doit être assurée. C'est sûr que s'il y a des failles dans le système, il faut qu'on les mette au jour et qu'on les corrige. On souhaite que les mesures de sécurité en place soient bien appliquées pour la paix d'esprit des voyageurs», a indiqué un porte-parole, Philippe Saint-Pierre.