encore un enseignant accusé
Denis Morasse, 51 ans, a comparu hier au palais de justice de Longueuil sous 11 chefs d'accusations allant d'attouchement sexuel à agression sexuelle et incitation à des contacts sexuels sur des garçons âgés de moins de 14 ans.
Les crimes reprochés à cet enseignant du secondaire en éducation physique se seraient produits entre les mois de mars et novembre 2007.
Les cinq victimes, âgées de 12 et 13 ans, auraient été agressées dans la maison familiale du suspect à moins de 10 kilomètres du collège privé.
«Il leur offrait de prendre un bain tourbillon chez lui à l'heure du lunch pour ensuite les agresser», a affirmé l'agent Gaétan Durocher, porte-parole de la police de Longueuil.
C'est une plainte déposée le 3 décembre dernier qui a conduit à l'arrestation du suspect jeudi. L'homme, qui était au service du collège depuis 1997, a été libéré hier sous conditions après sa comparution.
L'enquête qui s'est ensuivie a permis aux policiers de retracer quatre autres victimes présumées. «Les enquêteurs croient qu'il pourrait y en avoir plus», a indiqué M. Durocher, précisant que M. Morasse n'a pas d'antécédents judiciaires.
Des parents sous le choc
Denis Morasse a été congédié le 19 mars dernier après une rencontre avec la direction du Collège Français et des représentants syndicaux.
«Il est apparu que le lien de confiance nécessaire à l'exercice de ses fonctions était brisé», a expliqué Michel Léveillé, porte-parole du collège.
Ces accusations liées à la pédophilie sont une première en près de 50 ans d'histoire pour l'établissement.
L'accusé était suspendu sans salaire depuis décembre. «Nous avons collaboré avec la DPJ, qui nous a informés qu'une enquête était en cours», nous avait dit le directeur de l'établissement, Roger Goehry, lorsque le Journal avait eu vent de soupçons il y a un mois.
Des parents rencontrés devant le collège hier étaient sous le choc. «Des pédophiles, il y en a partout. C'est effrayantet très inquiétant », a dit Louise Szczerbinski.
Ce scandale survient deux semaines après celui de l'école privée de Westmount, le collège Selwyn House, dont un enseignant a été arrêté aux États-Unis, suspecté de cyberpédophilie.
Rien ne s'est passé
Bien qu'il reconnaisse avoir invité des élèves chez lui, Denis Morasse nie les avoir ag ressés sexuellement.
«C'est vrai que des jeunes sont venus chez nous, mais il ne s'est rien passé. Aucune des accusations criminelles n'est valable», a dit l'enseignant hier au représentant du Journal, lorsque brièvement rencontré à sa demeure d'un paisible quartier résidentiel de Longueuil.
Celui qui est aussi entraîneur des équipes de soccer au Collège Français semblait moins ébranlé que son garçon et sa fille adolescents. Tous deux se tenaient non loin de leur père, visiblement dépassé par les événements qui s'abattent sur leur petite famille.
Bonne réputation
Selon nos informations, Denis Morasse est un entraîneur de bonne réputation. Avant son congédiement, il était très impliqué dans les activités sportives du collège, s'occupant aussi d'activités de financement.
«C'est déplorable et frustrant que des histoires comme ça sortent. Ça salit mon nom avant même le début du procès. Je n'ai été reconnu coupable de rien», a rappelé avec calme mais dépit M. Morasse.
Denis Morasse revient en cour le 4 juillet pour son enquête préliminaire.