Ver blanc
L'île de Montréal n'est pas épargnée puisque des destructions de pelouses sont signalées dans les pointes est ou ouest de l'agglomération.
Le ver blanc est comme la malédiction qui s'attaque à l'étalement urbain! Montréal, le trou du beigne, en est épargné parce que le béton est plus fréquent que le gazon.
Mais le secteur à l'est de Montréal n'est pas le seul endroit où les propriétaires s'arrachent les cheveux devant les centaines sinon les milliers de pelouses détruites.
Une vingtaine de municipalités de la Rive-Sud et une quinzaine de la Rive-Nord sont sérieusement aux prises avec cette épidémie.
Équiterre à la rescousse
Le phénomène est tellement répandu que l'organisme Équiterre offre des conférences présentées par la spécialiste Édith Smeeter à des groupes de personnes qui en font la demande.
Le constat lugubre des pelouses détruites est fait par plusieurs commerces qui offrent des services d'entretien aux pelouses, mais surtout par des milliers de propriétaires aux prises avec le ver blanc.
Mario Cloutier, de Paysagement communautaire sur la Rive-Sud, pionnier de l'arrosage biologique, soutient que près de 50 % des activités de la firme sont liées à la présence du ver blanc qui ont détruit des pelouses.
Il qualifie la situation de «catastrophique» pour des milliers de propriétaires.
Gilles Éthier, producteur de tourbe de Mirabel, pointe du doigt le hanneton européen qui se répand de plus en plus autour de Montréal.
Capital végétal en perdition
Sur la Rive-Nord et à l'est de Montréal, la situation est tellement grave qu'«on est en train de perdre un capital végétal important puisque des gens risquent de se décourager et d'acheter du gazon synthétique», affirme M. Éthier, dont la famille se spécialise dans la production de gazon depuis 1969.
M. Éthier dit avoir constaté que «les municipalités où le ver blanc est en croissance énorme sont celles qui ont adopté des règlements plus sévères que le Code québécois de gestion des pesticides, en appliquant une interdiction totale de tous les pesticides».
«Il y a tellement de destruction de pelouses que le téléphone ne dérougit pas car les propriétaires ne savent plus quoi faire», de conclure M. Éthier.
Et cette destruction frappe surtout la couronne de Montréal.
La faute du hanneton
À quoi est due cette épidémie de vers blancs?
«Au hanneton européen qui est apparu dans la région de Terrebonne- Repentigny», croit Gilles Éthier, de Mirabel.
Le hanneton peut se déplacer sur quelques kilomètres seulement et il a envahi la grande banlieue depuis cinq ou six ans.
Carl Servant, de l'Association des services en horticulture ornementale du Québec, résume leur cycle de vie:
"À la fin juin, les gens peuvent les apercevoir dans des nuages de petits moustiques autour des arbres.
Mouffettes
"Le hanneton pond ses oeufs en juin et juillet et les vers blancs feront leur ravage en août et septembre en se nourrissant des racines de gazon. Le hanneton meurt après la ponte.
«La destruction des pelouses est aussi faite par les moufettes qui se nourrissent de vers blancs en creusant des trous partout, à la fin de l'été et au printemps suivant puisque le ver blanc qui a séjourné très creux dans le sol, au cours de l'hiver, revient à la surface en juin et redevient hanneton qui va à nouveau pondre des oeufs.»