Une aide de 25 726$
Marjorie Jean-Baptiste, cette courageuse mère qui a sauvé la vie de ses sept enfants en les lançant dans la neige du haut de son appartement enflammé, a reçu hier toute une reconnaissance pour son sang-froid et son geste héroïque.
Au terme d'un élan de générosité amorcé par la communauté haïtienne, la dame s'est vu remettre une somme de 25 726$ amassée auprès de la population montréalaise.
Émue, l'héroïne en cette journée de la Résurrection n'avait pas assez de mots pour remercier sa société d'accueil.
Toute la journée, hier, des centaines de personnes se sont rendues au Buffet Cristina, rue Jarry, pour participer à un dîner-bénéfice ou pour y déposer des dons afin d'aider cette mère de famille.
Fille hospitalisée
Le 6 mars dernier, une épaisse fumée avait enveloppé son logement de la rue Élie-Beauregard, à Rivièresdes- Prairies. Mme Jean-Baptiste et ses enfants avaient échappé in extremis au brasier, mais ils ont perdu tous leurs biens lors du sinistre.
«Depuis, je me loge à l'hôtel, trois de mes enfants sont hébergés chez une amie et trois autres chez leur tante», dit la mère de 32 ans.
Sa fille Chelsey, 4 ans, est encore hospitalisée, ayant subi une greffe de peau sur une main.
Traumatisée, Marjorie Jean-Baptiste ne veut plus vivre dans un HLM ; elle ne veut plus habiter un logement de six pièces avec sept enfants âgés entre 2 et 9 ans.
Son rêve est d'avoir sa propre maison. «Je crois que c'est possible. Dans la communauté, quelqu'un pourrait se porter garant d'une hypothèque», dit Jean-Ernest Pierre, le PDG de la station radiophonique haïtienne de Montréal, CPAM, qui a orchestré la collecte de dons.
De la générosité
Parmi les gens qui ont répondu à l'appel, l'épouse du consul général de la Turquie, Marie-Christine Dupuis, a apporté des vêtements et des jouets pour les enfants de Mme Jean-Baptiste.
«Je trouve que c'est une femme remarquable. Son acte de bravoure m'a beaucoup touchée», dit Mme Dupuis.
«Vous savez, explique Marjorie Jean-Baptiste, j'ai appris rapidement à m'occuper de mes enfants seule. C'est presque naturel pour moi de voir à tout pour eux.»
La mère élève ses enfants et travaille aussi dans un hôpital pour subvenir à leurs besoins.
«Ce n'est sûrement pas avec la prestation mensuelle de l'aide sociale que je pourrais arriver», lance-t-elle.
Paul-Bermude Valin, l'enseignant de son fils aîné, Daniel, confie que «c'est une femme qui possède de bons enfants qui réussissent bien à l'école.»