Société Générale - Jérôme Kerviel libre
Après cinq semaines de détention, Jérôme Kerviel a été remis en liberté mardi par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Les trois magistrats de la chambre de l'instruction n'ont pas suivi les réquisitions du parquet général, qui souhaitait le maintien en détention du trader auquel la Société générale impute une perte record de 4,9 milliards d'euros. Jérôme Kerviel, qui n'était pas présent à l'audience mardi matin, ne sera effectivement libéré qu'après avoir signé sa levée d'écrou à la maison d'arrêt de la Santé à Paris où il est détenu depuis le 8 février.
La remise en liberté de Jérôme Kerviel, trader de la Société Générale soupçonné de falsifications, est assortie d'un contrôle judiciaire "extrêmement strict" qui prévoit l'interdiction de quitter la région parisienne sans autorisation, a affirmé mardi le parquet général. "Compte-tenu de ces obligations, le parquet général ne formera pas de pourvoi contre cette décision", a annoncé sa porte-parole Ulrika Weiss.
"Interdiction de sortir d'Ile-de-France"
Le contrôle judiciaire du jeune trader prévoit "l'interdiction de sortir d'Ile-de-France sans autorisation écrite et préalable du juge d'instruction" et lui impose de remettre aux autorités sa carte d'identité et son passeport avant sa sortie de la maison d'arrêt parisienne de la Santé. Jérôme Kerviel devra également "se présenter une fois par semaine auprès des services de police" et devra "chaque mois justifier de sa résidence" à ces mêmes services, a ajouté le parquet général.
Son contrôle judiciaire lui interdit également de rencontrer les protagonistes du dossier, de "se livrer à une activité d'opérateur de marché et à toute activité relative aux marchés financiers" et de se rendre "dans un lieu de négociation des instruments financiers et en général dans une place boursière".
Kerviel va "se reposer"
Les avocats de la défense de Jérôme Keriel et ceux de la Société Générale, partie civile, ont exprimé mardi leur satisfaction après l'annonce de la remise en liberté du trader. Interrogée sur la manière dont elle accueillait la décision de la cour d'appel, l'avocate de Jérôme Kerviel, Elisabeth Meyer, a simplement répondu: "bien, très bien". "Nous l'attendions, nous l'espérions. Pour la deuxième fois nous avons expliqué que les conditions d'un maintien en détention n'étaient pas réunies et nous avons été entendus. La cour a compris et nous a entendus", a-t-elle ajouté. Questionnée sur ce qu'allait faire son client à sa sortie de prison, l'avocate a indiqué qu'il allait se reposer: "il va aller se reposer et on va tous le laisser se reposer", a-t-elle lancé ajoutant qu'il allait également "comme il l'a dit depuis le premier jour, répondre aux convocations des juges".
La remise en liberté du trader par la cour d'appel de Paris est une "décision très équilibrée" car elle est assortie d'un "contrôle judiciaire très strict qui permettra à l'instruction de se poursuivre en toute sécurité, en toute sérénité", s'est félicité pour sa part Jean Veil, avocat de la Société Générale "La cour d'appel a rendu une décision qui permet au juge d'instruction de poursuivre son travail tout à fait sereinement", a-t-il ajouté. "La Société Générale est une victime, je considère comme avocat que les victimes ne sont pas là pour crier vengeance mais pour obtenir réparation de leur préjudice", a expliqué l'avocat. "L'objectif serait d'obtenir la réparation du préjudice, c'est-à-dire que M. Kerviel puisse nous rembourser les 4,9 milliards d'euros, mais je crains que cela ne soit pas possible dans un avenir immédiat", a-t-il conclu.