Céline Dion inimitable

Publié le par Cyril

La voix de Céline Dion a hier résonné dans l'immense stade Loftus de Pretoria, sous un ciel étoilé, devant près de 40 000 personnes.

Ce n'était pas seulement The Power of love, hier soir au Loftus Stadium de Pretoria, comme l'un des titres de la chanteuse, mais "the power of Céline". La star s'est déployée dans toute sa splendeur. Elle a offert un spectacle hyper dynamique de haut calibre. Pas de doute, elle compte parmi les plus grands.

Sa bande de musiciens, Claude Mégo Lemay (chef d'orchestre), André Coutu (guitare), Yves Frula (clavier), Dominique Messier (batterie), Marc Langis (basse), Jean-Sébastien Car ré (violon) et Nanette Fortier (percussion), et ses danseurs, très sollicités tout au long de la performance et en per pétuelle interaction avec la chanteuse, font de ce show de la dynamite. Ça bouge, ça part dans tous les sens. Les projections aux mille couleurs chaudes diffusées sur trois immenses écrans en rajoutent.

Et Céline dans tout ça mène joyeusement la barque. Elle était hier très en voix. Cette voix-là est effectivement inimitable.

Ajustement de son

Céline a, hier soir, lors du vrai grand soir de première de sa tournée Taking Chances (elle avait chanté au gala-bénéfice de Nelson Mandela il y a deux jours), semblé connaître des petits problèmes avec ses moniteurs.

Elle ajustait discrètement le son, l'appareil accroché derrière son dos. Il faut s'attendre à des petits pépins du genre un soir de grande première.

Si elle a eu du mal à s'entendre, aucun des spectateurs n'a vu la différence dans le stade. Sa voix rentrait comme une tonne de briques. Le son était d'ailleurs excellent, même dans cette gigantesque enceinte à ciel ouvert. L'émotion était au rendez-vous et les frissons passaient aussi.

Dix fois meilleure

Dans le stade de Pretoria, des centaines de tubes fluorescents brillaient dans le noir, les Sud- Africains manifestant leur affection pour la star. Ils attendaient ce moment depuis très longtemps.

"Ça fait dix ans que je veux la voir. Ça fait quatre mois qu'on a acheté nos billets, a bougonné une dame qui avait piqué des sièges réservés à quelqu'un d'autre. Je ne bouge pas d'ici!"

Le public de Céline en Afrique du Sud ressemble à celui du Québec, des gens de tous âges, en grande majorité de race blanche.

Les Sud-Africains sont toutefois un peu conservateurs. Ils criaient des "On t'aime Céline" et applaudissaient très fort, participaient aussi quand on leur a demandé de se lever. Mais j'aurais aimé plus d'ardeur.

Ils ont pourtant adoré. À leur sortie du stade, ils semblaient tous ravis: "Elle était magnifique", a confié l'un d'eux.

"Elle était dix fois meilleure que je l'avais envisagé", a dit une autre.

 

 

Quatre tableaux

 

Le spectacle de Céline est un ensemble de plusieurs tableaux qui nous entraînent d'une ambiance à l'autre. La chanteuse passe du rock aux ballades avec fluidité, elle interprète même de la soul et rend un fabuleux hommage au groupe Queen.

Avec Taking Chances, il y en a pour tous les goûts. On passe d'une section de rock enlevant à un bloc d'inspiration flamenco pour revenir à un mood très moderne.

La chanteuse interprète six des nouvelles chansons tirées de son album Taking Chances, du nom de sa tournée, y compris la chanson titre Eye on me à saveur arabe, la ballade Alone de la formation Heart, Shadow of love et Just fade away. Vers la fin, elle réserve sa plus heavy mé- lodie rock tirée de son nouvel album, That’s just the wo- man in me. Céline ne néglige pas non plus ses classiques, les gros hits comme The Power of love, It’s all coming back to me, Because you loved me et la seule chanson en français qui fera le tour complet du monde, Pour que tu m’aimes en- core, chanson de Jean-Jacques Goldman. Cette dernière d’ailleurs semble ravir le public sud-africain, qui ne par- le pas un mot de français mais plutôt l’anglais.

La chanteuse interprète aussi All by myself, qui permet d’offrir au public toute la puissance de sa voix, et River deep mountain high, chanson de Tina Turner, juste avant de terminer son spectacle avec My heart will go on.

À fond la caisse

L'ouverture de Taking Chances se fait à fond la caisse. On aperçoit d'abord en projection sur trois écrans gigantesques les talons aiguilles de la chanteuse, puis ses longues jambes qui se dirigent vers une voiture sport, puis des éoliennes qui tournent dans ce qui ressemble au désert du Nevada.

D'autres images de toutes sortes défilent. On aperçoit en vitesse quelques moments importants dans la carrière de la chanteuse, sorte de rétrospectives en photos. On voit même la Céline toute jeune alors qu'elle commençait sa carrière.

Toujours sur écrans géants, la chanteuse se met au volant d'une petite voiture sport et elle roule sur une route sans fin, les cheveux au vent, plus belle que jamais. En musique de fond, on entend I drove all night, puis la voilà qui arrive en chair et en os sur la scène du haut de quelques marches, vêtue d'une mini-robe noire et argentée.

"Vous êtes prêt Pretoria?" questionne-t-elle. Et la salle de crier dans un élan de plaisir: "Oui!" "Let's do it!" (Allons-y!) ajoute Céline.

Enfin, ses fans

Alors, elle entame I got the music in me, marchant de long en large sur la large scène frontale. Les haut-parleurs vibrent et nos estomacs aussi. Céline chante avec son choriste Barnev Valsaint, elle se joint à son guitariste Jean-Sébastien Carré. Elle termine en étirant la note sur The mu... sic in me. Et c'est parti. On sait déjà de quel bois elle se chauffe.

La chanteuse enchaîne tout de suite avec Power of love une de ses incontournables ballades. Puis, elle s'adresse au public. Elle rappelle l'expérience émotionnelle qu'elle est en train de vivre en Afrique du Sud, en compagnie de sa mère, de son fils et de son mari. Elle rappelle le grand privilège qu'elle a eu de faire la rencontre de Nelson Mandela.

"Ça fait bientôt dix ans que je n'ai pas fait de tournée, ajoute-t-elle, nous voulions bien faire les choses en débutant ici en Afrique du Sud."

Puis, la chanteuse remercie ses fans dans les deux principales langues du pays, Danke en africain et Siyabonga en zoulou, avant d'interpréter son nouveau succès, la chanson titre de Taking chances.

La glace est cassée. Le visage de Céline s'illumine, elle se joint quelques instants à son chef d'orchestre, Claude Mégo Lemay, qui fait vibrer sa guitare. Enfin, la chanteuse a retrouvé ses vrais fans.

La gypsie

Au cours d'une pièce musicale à saveur flamenco défilent sur les écrans géants les pages d'un livre. Des danseurs entrent portant sur leurs épaules leurs partenaires de danse.

Ils ont l'allure espagnole, ils s'exécutent suavement. Ils continuent de danser. L'intro s'étire. Céline se laisse désirer. Puis, elle apparaît dans toute sa splendeur, en haut d'un escalier, au centre de la lumière. Elle est vêtue d'une chemise blanche et d'un pantalon moulant rouge. Sur ses reins est posée une longue traîne qu'elle balance parfois de la main comme la robe d'une danseuse gypsie.

La chanteuse enfile trois vieux succès, It's all coming back to me, Because you loved me et To love you more qui tout à coup prennent des couleurs d'Andalousie, chaudes et sensuelles. Sur les écrans géants, des inscriptions apparaissent comme les mots de lettres d'amour. Jean-Sébastien Carré l'accompagne au violon. Des images de nuages rouges défilent, un élégant danseur s'amène près de Céline, il lui enlève sa traîne et la transforme en cape de toréador, puis il se colle à elle et frôle sa nuque de son souffle.

Enfin, la chanteuse interprète une de ses nouveautés, Eyes on me, qui a des accents arabes prononcés, voire de musique du monde, et elle termine ce bloc avec All by myself. Cette grosse ballade est assurément une des plus exigeantes, qu'elle maîtrise depuis longtemps à la perfection.

Plus belle que jamais

À l'aube de ses 40 ans (le 30 mars prochain), Céline est en grande forme. Les images qu'elle nous offre en projection lors du troisième bloc de son spectacle nous la montrent en pleine session de photos de mode. Plus belle et fashion que jamais.

Après cette intro mode, la chanteuse revient sur scène vêtue d'une robe qui brille de mille feux. Alors, tout l'arsenal est déployé. Ses huit excellents danseurs l'accompagnent, des silhouettes de style africain sautent sur les écrans géants. Céline chante I'm alive et sa scène est effectivement très vivante. Elle enchaîne avec deux de ses nouvelles chansons up tempo, Shadow of love et Just Fade away.

Céline donne à tous les membres de son band beaucoup de visibilité. Elle interagit avec eux, y compris ses choristes: Barnev Valsaint, Élyse Duguay et Marie-Lou Gauthier.

Céline interprète ensuite sa version de la mélodie de la formation Heart, Alone, derrière elle, des feuilles et des cristaux tombent sur les grands écrans. Puis elle présente Pour que tu m'aimes encore au public et les remercie en français quand, à la fin, ils l'applaudissent chaleureusement.

La chanteuse termine cet avant-dernier bloc par sa chanson Think Twice, qui a été un très gros succès en Angleterre et dans tous les pays anglophones, y compris l'Afrique du Sud.

Hommage à Queen

Le dernier tableau du spectacle de Céline est de loin le plus surprenant. La chanteuse, qu'on a connue plus pop adulte, verse davantage dans la soul et le rock, là où se trouvent ses racines.

Alors que le spectacle tire à sa fin, la chanteuse rend un bel hommage à la formation Queen avec We will rock you et Show must go on, tout habillée de noir.

Derrière elle défilent plein d'images des membres de la formation, y compris de Freddie Mercury, mort du sida à l'âge de 45 ans. En Afrique du Sud, où le sida affecte, selon les données statistiques, une grande partie de la population, cet hommage devient symbolique.

Enfin débute la partie soul du spectacle. Les danseurs, tous vêtus d'habits blancs, s'exécutent sur un medley motown qui comprend notamment Lady Marmelade et Soul man, rendu par la voix de Barnev Valsaint.

Céline fait une entrée fracassante vêtue d'une courte robe blanche, un canotier noir sur le coin de la tête. Elle chante comme on l'a rarement entendue chanter un des succès de James Brown, It's a mans mans mans world.

Céline se fait alors provocante dans son interprétation de That's just the woman in me et esquisse quelques pas de danse avec ses collègues féminines. Elle enchaîne avec Love can move mountain et River deep mountain high, alors que sur les écrans géants, des formes géométriques, rondes et carrées, rouges, blanches et noires, fourmillent.

La chanteuse profite de cet éblouissement pour se retirer et revenir une dernière fois sur scène, portant une magnifique robe longue de couleur jaune afin de chanter son classique My Heart will go on, du film Titanic.

Les éclairages sont alors magnifiques.

Céline est restée sur scène hier près de deux heures trente. Le show a débuté quelques minutes avant 21 h.

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