Hydro-Québec poursuivie
Un producteur porcin de Saint-Lin- Laurentides poursuit Hydro-Québec pour près de 700 000 $, affirmant que ses truies ont été maintes fois électrocutées et qu'il a lui-même été fortement affecté par des décharges qui proviendraient de câbles défectueux de la société d'État.
À l'appui de sa poursuite déposée en Cour supérieure, Yvon Larose allègue que lorsque de gros vents s'abattaient sur sa terre, entre mars 2003 et avril 2004, les fils à haute tension qui entourent sa propriété émettaient de forts courants électriques qui se propageaient à la grandeur de son terrain.
En ces occasions, soutient le producteur de porcs, ses truies sursautaient sous le choc. Certaines bêtes ont dû être euthanasiées après avoir subi des blessures aux pattes, lit-on dans le document de cour.
«Il y avait 125 porcs qui souffraient constamment et on a dû en abattre plusieurs, affirme le propriétaire de la ferme GDY. Ça nous a démolis de voir ça, sans compter notre angoisse et notre peur de sortir à l'extérieur.»
Stress constant
Après avoir enduré plusieurs électrocutions de ses animaux, le producteur de porcs a engagé un ingénieur senior pour évaluer ses équipements électriques, croyant que des mauvais branchements étaient la source du problème.
L'expert a toutefois conclu que des câbles d'Hydro-Québec qui se frottaient lors de bourrasques causaient les puissantes décharges. Le courant était suffis amment important pour causer le décès d'un être humain, selon le rapport du spécialiste, dont le Journal a obtenu copie.
«Ma conjointe et mon fils avaient peur de mourir, on n'osait plus se baigner ou marcher pieds nus», lance Yvon Larose.
En avril 2004, Hydro-Québec a finalement effectué les réparations nécessaires à ses installations. Deux ans plus tard, l'homme a intenté une action de 697 804 $ contre la société d'État.
Médiation
Selon la poursuite, par ailleurs contestée par Hydro-Québec, cette dernière aurait reconnu que l'origine du problème électrique provenait de son réseau. En rencontre de médiation, les deux parties n'ont cependant pas réussi à s'entendre sur l'étendue et le montant des dommages subis par M. Larose et sa famille.
Hier, la société d'État s'est refusée à tout commentaire, à cause de la judiciarisation du dossier.
Le producteur de porcs, lui, dit être à bout de nerfs. L'attente d'être dédommagé lui pèse énormément. «Hydro-Québec ne s'est jamais souciée du danger que ma conjointe, mon fils et moi pouvions vivre, affirme Yvon Larose. On a été abandonnés dans cette histoire.»