En guerre pour son terrain

Publié le par Cyril

Une citoyenne de Valleyfield mène un combat hors du commun et complètement démesuré contre la colossale compagnie Smart! Centres dont le centre commercial de Valleyfield empiète sur son terrain.

Mme Gabrielle Leclerc a déjà dépensé 87 000 $ dans sa guerre juridique entreprise devant la Cour supérieure du Québec.

 

Et même si elle a remporté la bataille, elle doit encore mener le combat pour que Smart! Centres respecte le règlement municipal qui est à l'origine de l'affrontement.

Débordement

L'un des bâtiments à l'entrée du centre d'achats est un restaurant avec service à l'auto qui ne respecte pas la distance d'un mètre de dégagement du terrain voisin, celui de Mme Leclerc, comme le stipule le règlement municipal.

 

La voie qui permet le service à l'auto passe à la limite du terrain et sa construction a complètement débordé sur le terrain de Mme Leclerc et sérieusement endommagé une grande haie d'ormes de Sibérie, vieille de 40 ans.

 

Elle est en guerre contre le puissant promoteur de centres commerciaux parce qu'il n'a pas respecté le règlement municipal 1097 qui prévoit un mètre de dégagement entre le centre commercial et son terrain.

Terrain enclavé

«Mon terrain est devenu une enclave dans le grand centre d'achats de Valleyfield, mais j'ai fait le choix de vivre à cet endroit et on va respecter mon choix», déclare-t-elle au Journal de Montréal.

 

Elle demeure au même endroit, sur le boulevard Monseigneur-Langlois, depuis 55 ans. Elle s'y est établie alors que le large boulevard n'était qu'un petit rang.

 

«Je me bats contre un géant par principe pour obliger Smart! Centres à respecter une décision de la Cour en plus d'un règlement municipal.»

 

Elle jure qu'«ils n'auront pas ma peau même si je suis beaucoup moins importante qu'eux aux yeux de nos élus municipaux».

 

L'avocat Jérôme Choquette la défend dans ce dossier qui lui a déjà coûté 67 000 $ en frais de toutes sortes et 20 000 $ pour l'arpentage juridique qui a donné raison à Mme Leclerc.

 

Le Journal a vainement tenté de joindre un représentant de Smart! Centres pour obtenir leur version dans cette affaire.

Seule dans son combat

 

«J'ai l'impression d'être seule à me battre contre un géant et que les fonctionnaires de la Ville ne lèvent même pas le petit doigt pour faire respecter le règlement», dénonce Mme Gabrielle Leclerc.

 

Non seulement elle a dû se battre à force inégale contre Smart! Centres, mais elle est obligée depuis un an de pousser dans le dos des élus municipaux pour imposer au géant le respect du jugement et du règlement municipal.

Correctifs

Mais le maire de la ville, Denis Lapointe, voit les choses à sa façon.

 

Il a déclaré au Journal que Mme Leclerc est une femme «crédible et très impliquée dans sa communauté» et qu'elle «a raison dans ses démarches».

 

"Il y a eu erreur de la part du développeur, et des correctifs devront être apportés par Smart! Centres. Mais il faut nous laisser le temps d'agir.

 

«Des représentants de la Ville sont en contact avec ces genslà et nous avons en main une lettre d'engagement de leur part qui promet une intervention au début de juin 2008 pour se conformer au règlement municipal», dit-il.

 

Le maire assure que la Ville fera les travaux et enverra la facture à Smart! Centres si cette firme ne donne pas suite à son engagement.

 

 

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