Jean Charest est le mieux payé.

Publié le par Cyril

Nos dirigeants politiques ont-ils un salaire correspondant à leurs responsabilités et aux budgets qu'ils gèrent?

 

Au moment de quitter ses fonctions, Lucien Bouchard admettait qu'il lui tardait de retrouver son travail d'avocat afin de se constituer quelques économies en prévision de la retraite. Maurice Duplessis est d'ailleurs mort endetté.


Plus récemment, un porte-parole de Brian Mulroney a soutenu que l'ex-premier ministre avait accepté les paiements de M. Schreiber parce que «lorsqu'il a quitté, il n'avait pas d'argent. [...] Alors il était inquiet à propos de l'avenir».

Job de fou

Serions-nous trop gratteux avec nos politiciens? «La plupart des gens savent que la politique est une job de fou et que pour attirer des talents, il faut que tu leur offres un petit peu, avance le politicologue Christian Dufour, de l'École nationale d'administration publique. Mais c'est délicat: ça paraît mal quand les politiciens parlent de se donner une augmentation.»

 

Selon les données recueillies par le Journal de Montréal, avec un salaire annuel de 301 000 $ CAN, le premier ministre canadien est actuellement moins bien payé que la plupart des dirigeants des grands pays occidentaux.

 

Et comme le fait remarquer Yves Michaud, ancien député à l'Assemblée nationale et observateur de la scène politique et financière, «si on compare ça aux prédateurs financiers qui se versent des salaires de millions de dollars, nos politiciens ont l'air de mendiants. La fonction publique, c'est un sacerdoce.»

Recrutement difficile

Le sénateur fédéral Jean-Claude Rivest, député provincial de 1979 à 1985 et conseiller principal de Robert Bourassa, signale que ceux qui vont en politique sacrifient souvent leurs meilleures années de vie active. «Pour les gens de premier plan, lâcher une carrière lucrative, c'est pas évident», assure-t-il, ajoutant avoir vu plusieurs opérations de recrutement de candidats échouer pour cette raison.

 

Au Québec, le premier ministre (182 717 $) et ses ministres (158 095 $) jouissent d'un salaire qui les place devant tous leurs homologues provinciaux. Les députés (96 000 $) arrivent deuxièmes au pays, derrière ceux des Territoires du Nord-Ouest. Les salaires des élus québécois demeurent toutefois très loin de ceux du palier fédéral.

Pauvre Gérald ou riche Régis?

Par ailleurs, la taille de la population n'est pas forcément un critère de rémunération. Par exemple, Gérald Tremblay touche 156 972 $ pour occuper la mairie de Montréal, une ville qui compte 1,6 million d'habitants. Or, le maire de Québec, Régis Labeaume, gagne 146 748 $ -- seulement 10 000 $ de moins -- pour veiller sur une population de quelque 491 000 habitants.

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article