Dion durement jugé
Un an après son élection à la tête du Parti libéral, le bulletin de Stéphane Dion est peu reluisant. Une majorité claire de Canadiens jugent sa performance«mauvaise», «très mauvaise», ou au mieux «moyenne» comme chef de l'opposition.
C'est ce que révèle un sondage exclusif réalisé d'un océan à l'autre la semaine dernière par la firme Nanos Research pour Sun Media.
63,9% des Canadiens jugent que M. Dion a été «mauvais», «très mauvais» ou «moyen» pour communiquer son projet politique à la population.
À peine 21,6% des gens le disent «bon» ou «très bon» sur ce point.
La proportion de répondants qui ont jugé M. Dion «mauvais» ou «très mauvais» pour cette question est encore plus élevée au Québec, où elle atteint 35,7%.
«La perception de son travail va d'ambivalente à négative, remarque le sondeur Nik Nanos. Les gens se sont fait une opinion sur son travail comme leader, et l'opinion, c'est qu'il ne fait pas un bon travail.»
Pas surprenant
Ces piètres résultats ne surprennent pas le politicologue de l'Université de Sherbrooke Stéphane Paquin, qui rappelle que la communication n'a jamais été la force de Stéphane Dion.
«Il a de la difficulté à faire deux phrases sans bégayer. Ce n'est pas un tribun, surtout quand on le compare à d'autres chefs libéraux comme Trudeau, qui était exceptionnel», affirme M. Paquin.
Pour ce qui est de s'opposer aux conservateurs, les trois quarts des Canadiens se montrent peu convaincus des efforts de M. Dion. Seuls 25,6% des gens le jugent «bon» ou «très bon».
«C'est déjà beaucoup, dit M. Paquin, puisque M. Dion a voté avec le gouvernement alors qu'il était en désaccord avec lui, juste pour éviter des élections.»
Discours optimiste
Quant aux efforts de M. Dion pour unifier le Parti libéral après la course au leadership de l'an dernier, ils ont peu impressionné les répondants. 63,4% d'entre eux jugent sa performance «moyenne», «mauvaise» ou «très mauvaise».
La perception est particulièrement négative au Québec, où 40,2% des répondants l'ont jugé carrément «mauvais» ou «très mauvais» pour unifier le parti. De passage à Montréal ce week-end pour le Conseil des présidents d'associations du PLC, M. Dion n'a fait aucune allusion à ses difficultés.
Dans un discours optimiste aux militants hier, il s'est montré satisfait de ses performances.
«Je pense que je vous ai donné plusieurs raisons d'être de fiers libéraux», a-t-il claironné, après avoir fait la liste des divergences idéologiques entre lui et Stephen Harper.
- Stéphane Dion tiendra une conférence de presse aujourd'hui à Montréal.