Des congés pour mieux vivre sa souffrance

Publié le par Cyril

Les parents ou conjoints d'une personne qui s'est suicidée, qui a disparu ou qui a été victime d'un crime pourront désormais prendre jusqu'à deux ans de congé sans craindre de perdre leur emploi.

 

«Lorsque des personnes sont plongées dans un état de souffrance qui les empêche de vaquer à leurs activités normales, il est légitime qu'elles puissent avoir l'assurance de conserver leur emploi», a affirmé le ministre du Travail, David Whissel, en déposant un projet de loi qui prévoit un congé sans salaire d'une durée maximale de 104 semaines.

 

«Ce n'est pas vrai qu'avec cinq jours de congé, tel que prévu actuellement, on peut passer à travers une telle épreuve, a-t-il ajouté. Les travailleurs (pourront) prendre le temps nécessaire pour vivre leur deuil, réorganiser leur vie et celle de leur famille, pour soutenir leurs enfants ou encore poursuivre des procédures judiciaires s'il y a lieu.»

 

Les modifications apportées aux normes du travail profiteront à quelque 5000 personnes par année, a estimé le ministre Whissell, ajoutant que l'impact financier de ces mesures se situera entre 8 M$ et 10 M$. Ce chiffre réfère aux frais hypothétiques de toutes sortes que les employeurs devraient assumer pour remplacer un employé pendant son absence.

 

Les partis d'opposition ont salué le dépôt de ce projet de loi et annoncé leur concours pour qu'il soit adopté au plus tôt.

 

P.-H. Boisvenu

 

«On obtient tout ce qu'on a demandé à Québec», a reconnu Pierre-Hugues Boisvenu, de l'Association des familles des personnes assassinées ou disparues. L'organisation se tournera vers Ottawa pour que l'un des parents d'une personne assassinée ou disparue ait droit à des prestations d'assurance- emploi.

 

André Landry, de Suicide-Action Montréal, s'est dit «très heureux. C'est un moyen pour les familles et les conjoints d'aller plus facilement chercher de l'aide et du soutien. Et dans les cas de suicide, c'est très important d'aller chercher de l'aide.»

 

Président de la fondation Marie-Vincent, Jean Saint-Onge a assuré que les enfants victimes d'agression sexuelle s'en tiraient beaucoup mieux quand leurs parents s'impliquaient dans leur guérison. «Avec un projet de loi comme ça, ça facilite la tâche aux parents», a-t-il déclaré.

 

Les congés sans solde

 

  • Le salarié victime d'un acte criminel, qui a subi de graves préjudices, pourrait s'absenter jusqu'à deux ans

 

  • Le salarié dont l'enfant ou le conjoint décède à la suite d'un acte criminel pourrait s'absenter jusqu'à deux ans

 

  • Le salarié dont l'enfant mineur est victime d'un acte criminel et qui a subi un grave préjudice l'empêchant de poursuivre ses activités régulières, pourrait s'absenter jusqu'à deux ans

 

  • Le salarié dont l'enfant ou le conjoint s'est suicidé pourrait s'absenter jusqu'à un an

 

  • Le salarié dont l'enfant mineur est porté disparu pourrait s'absenter jusqu'à un an

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article