Maurice Béjart est décédé

Publié le par Cyril

Béjart avait mis la danse à la portée d'un large public. Le chorégraphe français est décédé à l'âge de 80 ans à Lausanne en Suisse où il était hospitalisé, pour des problèmes cardiaques et rénaux. Depuis plusieurs années, une santé fragile l'avait obligé à réduire son activité jusqu'alors prolifique.

Il dénonce 
rapidement
un art "coupé
des masses
"

 

Maurice-B--jart.jpgLe chorégraphe, né en 1927 à Marseille sous le nom de Maurice Berger, dirigeait le Béjart Ballet Lausanne depuis une vingtaine d'années. Malgré ses problèmes médicaux, le créateur suivait quotidiennement les activités de sa compagnie, en particulier l'avancement du Tour du Monde en 80 minutes, qui devait être présenté, à partir du 20 décembre, à Lausanne, en première mondiale, avant  de partir, à Paris, en février 2008 puis en tournée internationale.

Après une licence de philosophie, Béjart avait abandonné ses études pour se consacrer à la danse, découverte à l'âge de 14 ans sur les conseils de son médecin pour "fortifier son corps malingre". Il suit une formation classique à Londres et Paris et signe sa première chorégraphie en 1952 pour un film suédois L'oiseau  de feu, dont il est le premier interprète. Dénonçant rapidement un art "coupé des masses", Maurice Béjart innove avec Symphonie pour un homme seul (1955), sur la musique d'avant-garde de Pierre Henry et Pierre Schaeffer.

Il imagine
des créations ambitieuses,
frôlant
la démesure
 
Sous son impulsion, la danse devient physique, sensuelle et les artistes prennent vie. Face à la résistance des cercles traditionnels, il doit s'exiler et rejoint Bruxelles, où son Sacre du Printemps reçoit un accueil triomphal au  Théâtre royal de la Monnaie.   Un an plus tard, il y fonde les Ballets du XXe siècle : ses chorégraphies,  montées à un rythme rapide dans la capitale belge avant de partir faire le tour du monde, rencontrent un vif succès. Parmi ses réalisations, figurent le Boléro (1960), la IXe symphonie de  Beethoven (1964), Roméo et Juliette (1966), Messe pour le temps présent  (1967) ou encore Malraux (1986).

A la suite d'un bras de fer avec le directeur du TRM, Gérard Mortier,  Maurice Béjart poursuit son aventure en Suisse en 1987 avec sa troupe, rebaptisée le Béjart Ballet Lausanne, puis avec le Rudra Béjart Ballet (1992), qui dispense une formation de danseur sur deux ans. Il a ouvert également une école à Dakar et à Bruxelles. Il imagine des créations ambitieuses, frôlant la démesure, comme Ring um den Ring (1990) d'après Wagner, ou MutationX (1998). Plus récemment, on lui doit aussi Mère Teresa et les enfants du monde (2002), Ciao Federico  (Fellini, en 2003), Zarathoustra (2006)

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