LETTRE AU JOURNAL LE DEVOIR

Publié le par Cyril

Comme tous les matins, je cueille mon journal Le Devoir livré à ma porte et je prends connaissance des nouvelles en sirotant mon café. Or, la livraison du vendredi 26 octobre m'a plongé dans un état de stupéfaction. Le titre de la première page me fait frémir: "L'espèce humaine est menacée", j'avale mon breuvage chaud et corsé de travers. Ainsi, le journaliste Louis-Gilles Francoeur nous apprend que le rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) dresse un bilan apocalyptique sur l'avenir de la planète et de l'humanité. La crise environnementale s'aggrave et nous sommes à un moment crucial, le point de non-retour, si nous n'entreprenons pas immédiatement des actions concrètes pour protéger la planète. Pour éviter la catastrophe écologique et environnementale qui viendra perturber (et même détruire) la vie de tous les êtres vivants sur cette Terre, chacun doit poser des gestes concrets, changer ses modes de vie, sa mentalité. Il en va de l'avenir de l'humanité, ce n'est pas rien. Je me dis alors qu'il me faudra redoubler d'efforts dans mes choix de consommation et dans mes activités de tous les jours pour protéger encore davantage l'environnement malgré le fait que je porte une attention particulière au recyclage, au compostage, à ménager l'eau, etc.
 
Ébranlé, je poursuis la lecture de mon journal préféré qui se termine page B 10 par un article de Josée Blanchette sur la chasse en Gaspésie. En gros plan, une photo d'une tête d'orignal sur le capot de la voiture, une nausée m'envahit. Mon esprit tente de faire un lien entre l'article inquiétant sur l'environnement de la page frontispice et celle que je suis en train de lire et je suis assommé par cette contradiction vraiment étonnante. Surtout que le rapport du PNUE parle de détérioration de la biodiversité et de la disparition imminente d'espèces animales. Pratique des temps anciens qui se perpétue aujourd'hui pour le plaisir de tuer, la chasse ne devrait-elle pas être remise en question en ces temps pénibles pour la survie de la nature? L'interdiction de la chasse sur tout le territoire du canton de Genève remonte à 1974. Il n'existe aucun problème de surpopulation et les espèces animales se portent à merveille. Alors, pourquoi continuer de chasser ?
 
Dans le texte de Josée Blanchette, une femme affirme que "C'est pas pire que de tuer un bœuf, ni plus laid, ni plus beau". Bien sûr, mais les conditions d'élevage des animaux de fermes ne sont pas à envier non plus, il y a là une comparaison bien curieuse. Et que dire de l'utilisation par les chasseurs de VTT et de 4X4 en pleine forêt, on ne me fera pas croire que les chasseurs respectent l'environnement, sans compter les balles de fusils, les déchets, etc. Je ne comprends pas que devant les énormes défis environnementaux que nous devons affronter, la seule préoccupation de certaines personnes demeurent de tuer son "buck". Nous avons un devoir collectif de changer nos habitudes de vie si nous voulons continuer de vivre sur cette planète.
 
Diminuons notre consommation de viande, cessons l'élevage intensif et la chasse, ainsi nous ferons un grand pas pour sauvegarder l'environnement. Les occidentaux doivent nourrir plus de 50 milliards d'animaux de ferme chaque année pour fournir les repas carnés des privilégiés de la planète alors que des millions d'humains dont des enfants crèvent de faim dans le monde. Ne soyons pas égoïstes et agissons pour une fois en adulte responsable. Serait-ce trop demander pour assurer un avenir meilleur à l'humanité ?
 
Richard Chartier, M.Sc.
 
LETTRE AU JOURNAL LA PRESSE
 
Dans La Presse du samedi 3 novembre dernier, Pierre Gingras signait des articles qui faisaient l'éloge de la chasse. En pleine extase jubilatoire, le journaliste avait peine à contenir son bonheur à démontrer que le nombre de chasseurs augmente, la population d'orignaux et de chevreuils aussi, que la chasse constitue un apport socioéconomique important pour les régions, bref une apologie d'une pratique qui, à mon avis, ne devrait même plus exister.
 
Évidemment, M. Gingras n'osera jamais parler de l'effet de compensation chez les animaux. Ce phénomène, reconnu par les biologistes, est un mécanisme qui permet à l'espèce d'augmenter le nombre de naissance afin de compenser les pertes d'individus en réaction à une forte pression de leur environnement. La chasse s'avère être une pression indue sur les espèces animales. Ainsi, au lieu de "contrôler" le "gibier", la chasse encourage plutôt la surpopulation animale, ce qui fait l'affaire du lobby des chasseurs bien entendu. Pour preuve que la chasse est inutile, depuis 1974 il est interdit de chasser dans le canton de Genève. Que se passe t-il ? Aucun problème de surpopulation animale ni de problèmes avec les animaux. L'équilibre écologique n'a pas besoin de notre supposée "gestion de la faune". Ceux qui se plaignent d'être entouré de trop d'animaux et qui vivent à la campagne ou en banlieue, savent-ils qu'ils sont sur les territoires d'espèces animales qui y vivent depuis des décennies ? Ne serait-ce pas nous qui ne cessons de nous étendre avec nos grosses maisons et nos autoroutes et qui détruisons les écosystèmes ?   Je ne comprends pas comment des régions peuvent tant compter sur la pratique de la chasse comme apport socioéconomique alors que les autres activités que le gouvernement appelle "sans prélèvement de la faune" rejoignent plus d'un million d'adeptes (vélo, ski de fond, randonnée, escalade, etc.) et qui rapportent autant sinon plus que la chasse en retombées économiques. Sans compter que les chasseurs avec leur 4X4 et leur VTT ne sont pas des exemples de citoyens respectueux de l'environnement. De tout cela, il me semble qu'il n'y a pas de quoi se réjouir…
 
Richard Chartier, M.Sc.
 
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