Levée de boucliers contre Élections Canada
«Comme gouvernement et comme formation politique, on n'est pas du tout d'accord avec Élections Canada, a fait valoir le lieutenant québécois du gouvernement, Lawrence Cannon. On trouve que ça n'a aucun sens. La rectitude politique prend le dessus sur le gros bon sens. C'est le genre de chose que les gens ordinaires ne comprennent pas.»
Le ministre des Transports a dit espérer que l'organisme trouverait d'autres moyens de faire respecter la loi C-31, qui a reçu la sanction royale en juin dernier, et qui oblige tous les électeurs à s'identifier et à fournir une preuve d'adresse avant d'exercer leur droit de vote.
La demande de M. Cannon rejoint celle du Bloc québécois, pour qui la décision d'Élections Canada était «inadmissible» et constituait rien de moins que de la provocation. En matinée, le leader parlementaire du Bloc Pierre Paquette avait remis aux médias une lettre de protestation officielle adressée à l'organisme.
«Il y a quelque chose d'un peu provocateur à faire en sorte qu'un débat qui a été conclu au Québec et qui s'est conclu par le fait que tout le monde doit voter à visage découvert soit remis en cause par Élections Canada, dans le cadre d'élections partielles qui n'ont lieu qu'au Québec. Là, il s'agit, à mon sens, presque d'un geste qui frôle la provocation», a tonné le leader parlementaire lors d'un point de presse à Montréal.
Les libéraux ont eux aussi manifesté leur désaccord et laissé savoir qu'ils joindraient leurs voix à celle des autres partis pour demander à Élections Canada de revenir sur sa décision.
Malgré les demandes du gouvernement et du Bloc, le Nouveau Parti démocratique a décidé de rester hors du débat. En fin de journée, l'attaché de presse du chef Jack Layton a précisé que la formation suivrait les règles, quelles qu'elles soient.