Un homme libre

Publié le par Cyril

Clermont Bégin est un homme libre. Après avoir passé 76 jours dans une maison de transition, le pédophile vit maintenant à Montréal, dans un endroit inconnu, a appris le Journal.

 

«Je vous confirme que M. Bégin n'est plus sous notre garde. Il a quitté la maison de transition vers 10h30 hier», confirme le porte-parole des Services correctionnels du Canada, Jean-Yves Roy.

 

«Il est à Montréal», annonce le sergent Ian Lafrenière, de la police de Montréal, en refusant cependant d'en dire plus sur le nouveau quartier du pédophile.

 

Mais selon certaines sources, il semble que Clermont Bégin, qui poursuit une thérapie avec des psychiatres de l'Institut Philippe-Pinel, ait pendu la crémaillère du côté est de la rue Saint-Laurent.

 

Confronté à la grogne populaire, le pédophile de 40 ans avait trouvé refuge dans une maison de transition de la rue Saint- Laurent depuis sa libération, le 23 avril.

 

Montagne de conditions

 

Avant de laisser aller Bégin, les autorités ont augmenté le nombre des conditions contenues dans l'ordonnance de garder la paix, communément appelée article 810, qui lui avait été imposée par un juge peu de temps avant sa libération.

 

«On a augmenté les conditions en prévision de ce déménagement, qui était prévu depuis trois semaines», ajoute le porteparole de la police de Montréal.

 

On s'est notamment assuré que le nouveau domicile du pédophile ne soit pas situé près d'un parc, école ou garderie, ou un autre endroit fréquenté par les enfants.

 

«C'est certain qu'on ne l'a pas envoyé dans un endroit où il pourrait briser ses conditions», poursuit M. Lafrenière.

 

«On va continuer de le surveiller étroitement. Les policiers du PDQ concerné connaissent les conditions et son adresse. Il est suivi par une équipe spécialisée de la Section des agressions sexuelles», dit-il.

 

Soupir de soulagement

 

Dans le quartier Ahuntsic, où se trouve la maison de transition, on est soulagé.

 

«C'est une bonne nouvelle. Cela va rassurer les parents qui étaient inquiets», croit la députée bloquiste d'Ahuntsic, Maria Mourani, qui a obtenu l'assurance que Bégin ne s'est pas installé dans son comté.

 

«On ne le voulait pas dans notre cour mais des hommes comme cela ne devraient pas être dans la rue, nulle part», conclut une résidante du quartier, Sophie Gouin.

 

Une pension de plus de 800 $ a été réclamée à Clermont Bégin par les Services correctionnels du Canada pour les deux mois et demi passés en maison de transition.

 

Qui est-il?

 

  • 1996

Clermont Bégin est condamné à 11 ans de prison pour agression sexuelle et tentative de meurtre sur une adolescente de 16 ans.

 

Durant sa peine, qu'il purge en totalité, Bégin, qui souffre de schizophrénie, ne complète aucune de ses thérapies et confie à un employé de la prison qu'il entend violer une femme après sa sortie.

 

  • 19 avril 2007

Une ordonnance de garder la paix (article 810) est imposée à Clermont Bégin quatre jours avant sa libération. Pendant ce temps, son frère lui trouve un logement, rue Grant à Longueuil.

 

  • 23 avril 2007

Alertés, les résidants de la rue s'opposent à la venue du pédophile. Le propriétaire refuse de louer son logement à Bégin, qui est alors accueilli «temporairement» dans une maison de transition des Services correctionnels canadiens, boulevard Saint-Laurent, à Montréal.

 

  • 8 mai 2007

En raison de la grogne populaire, les frères de Sainte-Croix, à Saint- Césaire, renoncent eux aussi à héberger Clermont Bégin. Pendant ce temps, plus de 3000 résidants du secteur Ahuntsic, où se trouve la maison de transition, signent une pétition réclamant son départ.

 

  • Juin 2007

Des discussions pour envoyer le pédophile à l'Institut Philippe-Pinel avortent.

 

  • 9 juillet 2007

Après y avoir passé 76 jours, Clermont Bégin quitte la maison de transition et emménage à Montréal dans un endroit resté secret.

 

 


Daniel Renaud
Journal de Montréal
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