On négocie... dans le dos du chef

Publié le par Cyril

Des députés libéraux mécontents qui refusent de suivre leur chef sur le chemin des élections ont entrepris en fin de semaine des négociations parallèles avec des députés péquistes afin de dénouer la crise politique actuelle.

 

En dépit de la belle unanimité montrée vendredi par le caucus des libéraux pour appuyer le budget de Monique Jérôme-Forget, un certain nombre d'entre eux ont déjà établi des contacts derrière le rideau avec des vis-à-vis péquistes pour trouver un terrain d'entente.

Selon ce qu'a appris le Journal, ces tractations visent notamment à chiffrer les demandes du Parti québécois qui, si elles sont honorées à sa satisfaction, lui permettraient de voter en faveur du budget.

Demandes de 50 millions

Selon nos sources, elles totaliseraient 50 millions de dollars, une somme infime en regard du drame politique que provoqueraient des élections générales.

Rappelons que le PQ a demandé plus d'argent pour les soins à domicile, l'aide aux élèves en difficulté, l'implantation de groupes de médecine familiale et surtout la restauration des crédits d'impôts pour les régions- ressources.

Intransigeance

L'attitude intransigeante manifestée par Jean Charest depuis vendredi a sérieusement importuné plusieurs libéraux, qui redoutent maintenant d'être entraînés avec leur chef dans des élections générales dont le prix politique pourrait être dévastateur pour eux.

C'était le sujet de conversation hier à Iberville, où des députés et des candidats défaits prenaient part à une petite fête en l'honneur de l'ex-député libéral Jean Rioux, défait le 26 mars.

Solution souhaitable

Parmi les gens présents, on notait Nancy Charest, ex-députée de Matane, Jean-Pierre Paquin, ex-député de Saint-Jean, et Pierre Paradis, député de Brome-Missisquoi.

Tous se sont entendus pour conclure que la tenue d'élections estivales précipitées n'est pas dans «l'intérêt supérieur du Québec» et qu'une solution devait être absolument trouvée pour résoudre la pomme de discorde avec le Parti québécois.

«À l'abattoir»

Les échanges téléphoniques ont également été nombreux depuis que les organisateurs libéraux ont demandé à tous et à chacun de faire part de leurs intentions en cas d'élections.

Un ex-candidat a confié au Journal que cette éventualité «est complètement flyée» et équivaudrait, dans le contexte politique actuel, «à mener le parti à l'abattoir».

Au moins deux députés libéraux, Norman MacMillan et Yvon Marcoux, auraient déjà indiqué qu'ils ne se représenteraient pas.

le vote sur le budget est prévu pour ce vendredi 1er juin.

Yves Chartrand
Le Journal de Montréal

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