Une quinzième grève
Aujourd'hui, le service d'autobus et de métro, qui transporte 1,3 million de personnes par jour, ne sera offert que durant les heures de pointe, et ce, pour une durée illimitée.
Hier, au moment où nous mettions sous presse, les négociations n'avaient pas abouti entre le syndicat des employés de soutien et la STM.
En après-midi, le syndicat a soumis une offre à la STM selon laquelle les employés de soutien utilisaient une partie des augmentations salariales déjà offertes par l'employeur pour régler la question d'équité du régime de retraite. En échange de cette clause, le syndicat n'entrait pas en grève. «Ça ne respecte pas notre cadre financier et le syndicat le sait», a déploré Mme Odile Paradis, porte-parole de la STM.
Confiant
Son président, Pierre Saint-Georges, était pourtant confiant de voir l'employeur accepter la proposition, mais vers 20 heures, la STM a indiqué qu'elle rejetait l'offre syndicale.
Les centaines de membres réunis en assemblée dans une chic salle de conférence de Buffet Riviera à Anjou ont alors voté à l'unanimité une proposition pour que la grève entre en vigueur à minuit hier, à moins que la STM accepte la dernière offre syndicale avant l'heure limite.
«Si nous sommes en grève, c'est uniquement à cause de la STM, tranche Pierre Saint-Georges. Tout ce qu'on veut, c'est éviter les conflits intergénérationnels entre nos membres à la retraite, mais l'employeur refuse.»
«On est très déçu parce qu'on aurait voulu éviter la grève, a affirmé Odile Paradis, ce n'est pas à nous d'endosser cette responsabilité.»
Climat détendu
Avant le début de l'assemblée, les centaines de syndiqués qui attendaient ne semblaient pas s'en faire. Sourires, blagues, conversations animées, le climat était tout sauf lourd.
«Je ne pense pas que ça va se régler tout de suite, dit, tout sourire, Jean-Guy, un syndiqué. Ce n'est pas une question de prendre le public en otage, mais si la Ville a 5 millions pour un tramway, elle a certainement 2 % pour nous.»
Jean-Michel Nahas
Le Journal de Montréal