Un bond spectaculaire
«Les pétrolières sont en train de nous prouver qu'on a raison de se méfier d'elles», a déclaré au Journal le ministre des Ressources naturelles Claude Béchard.
Dans les banlieues, le mouvement à la hausse s'est également fait sentir en fin de soirée. À Chambly, Greenfield Park et Laval, le litre était également vendu aux environs de 1,20$.
«On ne comprend pas cette situation. Et c'est exactement pour ça que les Québécois ont perdu confiance dans les pétrolières», affirme M. Béchard.
À son avis, rien ne justifie cette hausse soudaine des prix. «La seule chose qui a changé, c'est qu'il y a un congé de trois jours», dit-il.
1 milliard $ de trop
En achetant leur essence 1,20 $ le litre, les automobilistes font un gros cadeau aux pétrolières, soutient le ministre. «Considérant que le prix plancher est de 107,9 ¢, sur une année, c'est 1 milliard $ de trop que les Québécois leur verseraient», illustre-t-il.
Selon l'Association québécoise des indépendants du pétrole (AQIP), le prix à la raffinerie est plutôt de 114,7 ¢, à Montréal. Il est donc tout à fait normal que le litre soit vendu autour de 1,20 $, compte tenu des frais d'exploitation (transport, salaires, électricité).
Ce qui fait mal
«Ce qui fait mal aux consommateurs, c'est la marge de raffinage qui est de 25,8 ¢ le litre. C'est énorme. Une marge raisonnable, c'est 5 ou 6 ¢. Il faut retourner à l'époque de l'ouragan Katrina pour voir ça», affirme Sonia Marcotte, PDG de l'AQIP.
D'après les calculs du CAA, le prix réaliste pour Montréal est de 114,2 ¢. «Au-dessus de cela, les marges sont plus élevées que la moyenne», souligne la porte-parole Sophie Gagnon.
Le porte-parole de l'Institut canadien des produits pétroliers, Carol Montreuil, n'était pas disponible hier pour commenter cette hausse soudaine des prix à la pompe. Les porte-parole d'Esso et de Petro-Canada n'ont pas retourné nos appels.
Relations tendues entre les pétrolières et le ministre Claude Béchard
11 mai (114,4 ¢/litre):
«On a une fin de semaine de trois jours qui s'en vient, que [ les pétrolières ] prouvent leur bonne foi.» - Claude Béchard
18 mai (120,4 ¢/litre)
«Les pétrolières sont en train de nous prouver qu'on a raison de se méfier d'elles.» - Claude Béchard.
Hier, juste avant que ne commence la fin de semaine de trois jours, les stations-services de Montréal ont augmenté leur prix. En matinée, quelques-unes affichaient déjà 120,4 ¢. La plupart des autres ont suivi en après-midi.Marie-Eve Fournier