Les parents de même sexe expliqués au primaire.

Publié le par Cyril

Histoire de faire tomber les tabous, le ministère de l’Éducation a financé une trousse destinée aux enseignants du primaire de Québec et de Montréal, qui pourront démythifier en classe le phénomène récent des familles homoparentales.

La trousse, qui a coûté entre 50 000 $ et 80 000 $ (le montant précis n’est pas encore disponible), contient des documents vidéo, des dépliants et des cahiers d’activités pour les élèves.

 

«C’est presque un livre de recettes avec tous les ingrédients pour faire de nos écoles des écoles inclusives et plus ouvertes», illustre Manon Boivin, de la Coalition des familles homoparentales.

Au Québec, ce sont des milliers d’enfants qui vivent dans une famille homoparentale [depuis les changements législatifs de 2002].

On est de plus en plus nombreux. La Coalition a 1000 familles membres au Québec », précise celle qui est également mère d’une petite fille de cinq ans avec sa conjointe.

Selon les chiffres du dernier recensement de 2006 effectué par Statistique Canada, 4300 couples de même sexe vivaient avec des enfants au pays.

La trousse d’une valeur de 80 $ est offerte gratuitement aux 1200 écoles primaires de la métropole et de la Capitale nationale.

La formation des enseignants vient à peine de commencer à Montréal, alors qu’à Québec la première séance est prévue pour le 4 septembre, même si aucune école ne s’est encore manifestée.

«Souvent, face aux insultes homophobes, les enseignants ne savent pas quoi dire. L’intervention d’un adulte, quand il s’agit de violence verbale, est nécessaire. Alors nous, nous venons offrir des outils au personnel de l’école, précise Mme Boivin. On va faire une offensive pour informer les milieux scolaires.»

Belle ouverture

Personnellement, Manon Boivin, sa conjointe ou sa fille n’ont pas été victimes de l’opprobre social et les préjugés tombent rapidement lorsqu’elle explique son «projet parental».

«On a rencontré un très bel accueil et une belle ouverture jusqu’à maintenant. Pour nous, ça a été une belle histoire et on tient à ce que ça se poursuive. Ce qu’on pouvait ressentir comme des réticences au début s’est vite dissipé parce que les gens se rendent compte qu’on est des parents comme les autres avec nos plus et nos moins.» Quant au développement de l’enfant, la mère homosexuelle s’appuie sur sa propre expérience et sur des études scientifiques pour faire taire ses dénigreurs.

«Ce n’est pas parce que leurs parents sont homosexuels qu’ils ont du mal à se développer. Les gens disent que les pères font l’autorité et les mères sont affectueuses, mais ce n’est pas vrai. Il y a autant de pères af fectueux que de mères autoritaires. Les recherches sont claires là-dessus: deux parents pour élever des enfants, c’est ça l’idéal, peu importe le sexe des parents», tranche Manon Boivin, qui donnera une conférence à l’hôtel Pur le 4 septembre.

 

 


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