Sa femme disparaît après l'avoir épousé à Cuba .

Publié le par Cyril

Le Torontois Shah Moayedi a été très étonné en s’apercevant que sa femme avait disparue, à peine cinq semaines après qu’il l’ait ramenée de Cuba en 2006. Il a tenté désespérément de la retrouver et de savoir comment elle allait.

C’est seulement lorsque les policiers lui ont dit qu’il avait été victime d’une fraude d’immigration qu’il a finalement compris. La femme avec qui il s’était lié d’amitié au cours de quelques voyages à Cuba – de qui il était ensuite tombé amoureux et qu’il avait épousée là-bas – était restée avec lui au Canada juste assez longtemps pour obtenir sa carte de résidente permanente.

«Je croyais qu’elle était sincère. Puis, un jour, elle est partie», a laissé tomber l’employé d’une compagnie aérienne âgé de 47 ans.

M. Moayedi est membre de l’organisme Canadians Against Immigration Fraud, qui a entamé une poursuite en justice contre Citoyenneté et Immigration Canada (CIC), soutenant que le ministère n’en fait pas suffisamment pour dépister les mariages de convenance.

Habituellement, les fraudeurs étrangers plaquent leurs malheureux époux canadiens une fois qu’ils ont obtenu leurs papiers de résidence. Mais leurs victimes canadiennes se mettent dans la dèche pour des années en commanditant leurs partenaires fugueurs.

D’après M. Moayedi, la lenteur du gouvernement à examiner les plaintes met en furie l’organisme presqu’autant que d’avoir été utilisé et rejeté. Le groupe désire que sa poursuite soit enregistrée comme un recours collectif afin d’obliger Citoyenneté et immigration à intervenir dans les cas présumés de mariage frauduleux.

Selon Julie Taub, une avocate d’Ottawa spécialisée en matière d’immigration, des milliers de Canadiens sont victimes de mariage frauduleux et la centaine de membres de Canadians Against Immigration Fraud «ne représente que la pointe de l’iceberg».

Le porte-parole de CIC, Nicolas Fortier, a mentionné dans un courriel qu’il était difficile de déterminer le nombre de ce genre de mariage. Le ministère de l’Immigration et l’Agence des services frontaliers du Canada «ont des ressources limitées pour enquêter et faire appliquer la loi au-delà des cas impliquant la sécurité nationale, les crimes contre l’humanité et la criminalité».

Selon un affidavit soumis en cour fédérale par un fonctionnaire du bureau de l’immigration à Mississauga, 600 dossiers de présumés mariages frauduleux ont été déposés seulement dans ce bureau.



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